La France à la merci d’un épisode hivernal inédit : six morts et chaos sur les routes
La France traverse depuis deux jours un épisode hivernal d’une intensité rare, marqué par des chutes de neige significatives, du verglas généralisé et des températures exceptionnellement basses pour la saison.
Ce phénomène a provoqué des perturbations dans les transports et une mobilisation massive des services de l’État, tandis que le bilan humain a atteint six morts dans des accidents liés aux conditions météorologiques dégradées, principalement sur les routes.
Les conséquences les plus importantes ont été enregistrées dans les Landes, où deux accidents distincts, dont une collision impliquant des autocars, ont fait trois morts. En Île-de-France, deux autres personnes ont trouvé la mort dans des accidents de la circulation sur des chaussées rendues extrêmement glissantes par le verglas. Un sixième décès a été signalé en Ille-et-Vilaine, où un usager de la route a perdu le contrôle de son véhicule. Les autorités soulignent que la majorité des accidents mortels sont survenus sur des axes secondaires ou lors de déplacements considérés comme non essentiels.
Dès les premières heures de cet épisode hivernal exceptionnel, les routes ont été transformées en véritables pistes de patinage. En région parisienne, les embouteillages ont atteint un niveau inédit, dépassant par moments 1 000 kilomètres cumulés, un record hors période de grève ou d’événement exceptionnel. De nombreux axes secondaires sont restés impraticables pendant plusieurs heures malgré l’intervention continue des services de déneigement et de salage.
Les préfets ont instauré des limitations de vitesse abaissées, interdit temporairement la circulation des poids lourds sur certains tronçons et appelé les automobilistes à différer leurs déplacements.
Les transports publics ont également été fortement affectés. En Île-de-France, la RATP a interrompu une partie de son réseau de bus, tandis que la SNCF a enregistré de nombreuses suppressions et retards sur les lignes TER et Transilien, ainsi que des ralentissements sur certaines lignes à grande vitesse par mesure de sécurité.
Le trafic aérien n’a pas été épargné. Face à l’enneigement des pistes et aux difficultés logistiques, l’Autorité de l’aviation civile a demandé aux compagnies aériennes d’annuler environ 15 % des vols à Paris-Charles-de-Gaulle et Orly, tandis que les aéroports de Nantes, Vatry, La Rochelle, Albert-Bray, Brest et Saint-Nazaire sont fermés.
Cette décision visait à permettre le déneigement des pistes et à éviter l’accumulation d’appareils au sol, au prix de milliers de passagers retardés ou cloués au sol.
Le ministre chargé des Transports, Philippe Tabarot, qui a appelé à « réduire le nombre de déplacements » avant le nouvel épisode neigeux attendu entre ce mardi soir et mercredi, a souligné la mobilisation «massive et continue » des services publics et estimé que certaines mesures, comme le salage préventif, avaient permis d’éviter un bilan encore plus lourd.
Les préfets des régions ont multiplié les appels à la prudence, invitant les employeurs à recourir au télétravail et les citoyens à limiter strictement leurs déplacements.
D’un point de vue météorologique, cet épisode résulte d’une configuration atmosphérique inhabituelle.
Selon Météo France, une descente d’air polaire d’origine arctique a envahi le pays par le nord, entrant en conflit avec un air plus doux et humide venu de l’Atlantique. Cette confrontation a provoqué des précipitations neigeuses jusqu’en plaine, avec une limite pluie-neige brutalement abaissée. Les températures négatives ont favorisé des épisodes de pluie verglaçante et de regel, rendant les chaussées extrêmement dangereuses malgré les opérations de salage.