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L’huile d’olive tunisienne : un joyau mal exploité…

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  • 6 janvier 13:07
  • 2 min de lecture
L’huile d’olive tunisienne : un joyau mal exploité…

L’huile d’olive tunisienne, reconnue internationalement pour sa qualité, souffre d’un déficit de commercialisation et d’organisation, a indiqué Fathi Ben Khalifa, conseiller économique auprès du président de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche.

Selon lui, le secteur constitue un levier économique et social majeur, générant des milliers de journées de travail annuelles et contribuant à la stabilité des zones intérieures, où l’olivier est souvent la seule ressource agricole.

Intervenant sur les ondes d’Express Fm, Ben Khalifa a précisé que le véritable problème ne réside pas dans la production ou la qualité, mais dans la coordination des différents maillons de la filière. Agriculteurs, moulins, exportateurs et commerçants travaillent souvent de manière isolée, ce qui réduit le pouvoir de négociation de la Tunisie sur les marchés mondiaux et affecte négativement les prix et les revenus, contrairement à des pays comme l’Espagne et l’Italie, qui imposent leurs prix grâce à l’unité de décision et au travail collectif.

Le conseiller a en outre mis en garde contre le fait que plus de 50 % des exportations tunisiennes se concentrent sur l’Union européenne, rendant le secteur vulnérable aux fluctuations économiques et politiques. Il a appelé à diversifier les marchés, en ciblant l’Afrique et l’Asie, notamment des pays à forte population et à forte croissance comme la Chine et l’Inde, tout en valorisant les marchés africains encore sous-exploités.

Concernant la fixation des prix, Ben Khalifa a dénoncé la pratique de certains exportateurs qui cassent les prix pour des gains ponctuels, ce qui déstabilise l’ensemble du marché. Il propose l’instauration d’un prix plancher garanti, basé sur l’analyse complète de la chaîne de valeur, pour assurer une rentabilité équilibrée pour tous les acteurs.

Sur un autre plan, il a insisté sur la nécessité d’une vision stratégique à long terme, intégrant l’organisation, la transformation, l’embouteillage, le marketing et le partage des risques et des profits, ainsi qu’un dialogue scientifique sur les variétés et les nouvelles plantations, afin que la Tunisie consolide sa place sur le marché mondial de l’huile d’olive, tant en volume qu’en valeur ajoutée.

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Auteur

La Presse