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Sport

Au fait du jour : Il faut changer de baudet !

  • 7 janvier 19:30
  • 4 min de lecture
Au fait du jour : Il faut changer de baudet !

La Presse — C’est comme ce pauvre vieil homme qui essaie de corriger ce qui ne va pas dans sa carriole. Il a changé les roues. Il a décidé de la repeindre aux couleurs de la porte de sa maison. Il a engagé un conducteur qui a  été dans le temps un de ceux qui étaient des plus connus de la place. Rien n’y fait.

Cette sacrée carriole ou charrette demeurait lente, mal équilibrée, donnait l’impression qu’elle devait être tout simplement changée.Il s’est décidé de consulter un expert en la matière. L’expert, après avoir écouté la longue tirade du vieil homme au bord du découragement, laissa tomber sa sentence : « Monsieur il faut commencer par changer votre cheval de trait.

Ne voyez-vous pas qu’il est à genoux, fatigué, mal en point ? Ce n’est pas parce que vous avez les roues et mis des pneumatiques  que cela améliorera la situation. Changez de baudet. Achetez-en un jeune, plein de vigueur et cela ira mieux». A chaque revers de l’équipe nationale, on viendra déployer son savoir en suggérant de travailler au niveau des jeunes, on se plaindra de l’arbitrage, des dirigeants, des moyens insuffisants, etc, etc…

Les vieilles rengaines réchauffées pour faire tomber la pression. Le bouc émissaire, l’entraîneur, est tout trouvé. Cette fois-ci, ces excuses c’est du vent. Certes, l’entraîneur têtu, à la limite « arrogant » et mauvais communiquant, a réussi à mettre tout le monde contre lui. Il endosse de grosses responsabilités. Ses choix ont été pour le moins qu’on puisse dire discutables.

On ne laisse pas sur le banc le meilleur buteur du pays pour titulariser un élément qui était hors du coup. On n’imagine pas des stratégies basées sur des joueurs qui n’ont pas assez travaillé pour s’adapter à un nouveau rôle. Il est tout à fait possible de le faire à condition de prendre le temps de corriger et de s’assurer que l’idée est vraiment bonne.

Indépendamment de cet aspect, les joueurs dont dispose  l’équipe nationale sont pour leur majorité formés à bonne école. Ils sont presque tous titulaires et réalisent régulièrement de bonnes performances. Le problème n’est donc pas seulement technique, mais administratif et logistique. Et c’est la raison pour laquelle des «réunions» pour débattre de l’équipe nationale ne servent à rien.

Une fois l’orage passé, on rangera le parapluie et on attendra la coupe du monde pour ressortir les mêmes arguments. Tant que le sport tunisien ne se donnera pas les moyens de se renouveler et de tirer profit de l’apport des jeunes générations,  nous continuerons à perdre du terrain.

Le renouvellement ou l’émergence de nouvelles valeurs au niveau des équipes sahariennes est en partie dû au courage qu’ils ont d’écarter ceux qui faillent. Chez nous, l’élection à un poste est à vie. Et tant pis pour le prestige national, tant que le fauteuil est en mesure de supporter le poids de la léthargie et de l’impunité.

Le seul et unique moyen de mettre notre sport sur la voie passante est bien de promulguer cette sacrée nouvelle loi devant régir les associations et le sport, qui limitera les mandats pour ouvrir la voie à ceux qui seront en mesure de corriger les bêtises de ceux qui ont failli. Tout le reste n’est que littérature et « cautère sur une jambe de bois ». L’expert consulté par le vieil homme avait raison : Pour que la carriole améliore ses performances, il faut changer de baudet.

Auteur

Kamel GHATTAS