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Culture

Autour du livre posthume d’Abdelwahab Meddeb à la librairie : Fahrenheit 451 Itinéraires d’un esprit voyageur

  • 7 janvier 18:45
  • 3 min de lecture
Autour du livre posthume d’Abdelwahab Meddeb à la librairie : Fahrenheit 451 Itinéraires d’un esprit voyageur

« A la mort d’Abdelwahab Meddeb, nous avons retrouvé soixante-dix-neuf carnets de notes et de voyages. Nous avons pris le parti de redessiner sa traversée en partant de Tanger jusqu’à Kyoto, de l’Occident musulman jusqu’à l’Extrême-Orient, en passant par l’Espagne, l’Italie, la Tunisie, Sarajevo, Alexandrie, Jérusalem sans oublier Le Caire, l’une de ses villes préférées.

Abdelwahab écrivait partout et ne partait jamais sans un cahier, confondant volontiers balade et écriture ».

La Presse — La librairie Fahrenheit 451 à Carthage Dermech organise, le 10 janvier à 17h00, une rencontre littéraire avec Amina Meddeb autour du livre posthume d’Abdelwahab Meddeb « Vers l’Orient ».

Poète, essayiste, romancier, traducteur, enseignant et producteur d’émissions radiophoniques, Abdelwahab Meddeb (1946-2014) fut un infatigable explorateur des savoirs. Sa curiosité ne se limitait pas à un simple goût de l’encyclopédisme, mais témoignait d’une quête profonde de compréhension et d’une volonté de maîtriser les domaines qu’il investissait.

Il naviguait avec aisance d’une discipline à l’autre, tissant des correspondances subtiles, parfois déroutantes, entre soufisme et architecture, philosophie et poésie, roman et peinture.

Porté par une passion incessante pour l’écriture, Meddeb demeurait en perpétuelle recherche de lettres et de signes, parcourant sans relâche l’immense territoire du verbe.

Constitué à partir des 79 carnets de voyages retrouvés et transcrits par sa famille après sa disparition en 2014, « Vers l’Orient » s’impose comme une véritable œuvre littéraire.

Du Maroc au Japon, en passant par l’Espagne, l’Italie, la Tunisie, l’Egypte ou la Bosnie, ces carnets font dialoguer sans cesse l’Orient et l’Occident. Le regard du voyageur se démultiplie, attentif aux résonances secrètes entre les cultures.

« Vers l’Orient » prolonge un appel constant à la reconnaissance, par l’Europe, de son héritage arabo-musulman. Meddeb y plaide pour une relecture attentive des grandes figures du soufisme et de la poésie mystique à l’instar d’Ibn Arabi et El Hallaj, tout en défendant l’idée d’une libre circulation du Coran à l’échelle mondiale, dissociée du politique. Une telle circulation suppose, selon lui, une réforme de l’interprétation, condition nécessaire pour dépasser les fractures contemporaines entre les mondes.

« A la mort d’Abdelwahab Meddeb, nous avons retrouvé soixante-dix-neuf carnets de notes et de voyages. Nous avons pris le parti de redessiner sa traversée en partant de Tanger jusqu’à Kyoto, de l’Occident musulman jusqu’à l’Extrême-Orient, en passant par l’Espagne, l’Italie, la Tunisie, Sarajevo, Alexandrie, Jérusalem sans oublier Le Caire, l’une de ses villes préférées. Abdelwahab écrivait partout et ne partait jamais sans un cahier, confondant volontiers balade et écriture.

Les manuscrits, d’une graphie minutieuse et appliquée, allant de l’arabe au français, parsemés de croquis architecturaux, de dessins de paysage et de fleurs séchées dénotent son émerveillement face aux lieux visités. Avec lui, l’histoire et l’érudition sont vivantes. Le mouvement du corps accompagne celui de l’esprit, dans une marche contemplative qui emporte le lecteur », notent Amina et Hind Meddeb.

Modérée par Dorsaf Nahdi, universitaire et spécialiste de l’œuvre d’Abdelwahab Meddeb, la rencontre sera suivie de lectures d’extraits de l’ouvrage, assurées par Slim Dhib et Sabrine Ghannoudi.

Auteur

Meysem MARROUKI