Les terres de Kairouan, au temps d’Okba Ibn Nafaâ, étaient dominées par les sebkhas et manquaient d’eau, d’où la souffrance des Kairouanais en la matière…
D’ailleurs, la rareté de l’eau a poussé les Arabes musulmans de Kairouan à recourir aux «majels» et à investir dans les ouvrages hydrauliques, dont les bassins des Aghlabides, construits par l’Emir aghlabide Abou Ibrahim Ahmed Ibn Al Aghlab, en l’an 860 pour garantir l’eau aux habitants.
La Presse — Par ailleurs, au cours de l’époque fatimide, le Khalif Al Muizz édifia un aqueduc qui drainait les eaux souterraines de Chrichira à 40 km de Kairouan pour alimenter les palais à Sabra El Mansouryia et une canalisation jusqu’aux citernes de Kairouan.
De nos jours, le gouvernorat de Kairouan est considéré parmi les régions qui souffrent de problèmes au niveau de la distribution de l’eau potable, et ce, à cause de la dispersion des habitations, d’une faible pluviométrie, de l’absence de raccordement au réseau de la Sonede, de forages de puits anarchiques, de rupture des vannes et canalisations de la Sonede, dans le but d’avoir gratuitement de l’eau potable, et de la lenteur des travaux entrepris pour renouveler les conduites vétustes.
En outre, beaucoup de groupements hydrauliques connaissent des difficultés à cause du non-paiement des factures et des raccordements anarchiques aux réseaux hydrauliques.
De ce fait, il y a eu une aggravation de l’endettement des groupements dont certains ont abandonné les travaux de maintenance et sont dans l’incapacité de régler les montants de l’énergie et de l’achat de l’eau.
Rappelons dans ce contexte que dans le gouvernorat de Kairouan, le taux général de desserte en eau en milieu rural est de 86% puisque sur un total de 381.000 habitants, 327.000 sont abonnés à l’eau, dont 35% sont raccordés aux réseaux de la Sonede et 51% aux groupements hydrauliques.
Par ailleurs, 60.000 ruraux n’ont pas accès à cette denrée précieuse et se trouvent obligés de recourir au marché illégal de l’eau avec un mode de stockage inapproprié, notamment lors du transport.
Importants projets d’adduction en eau potable
Face à cette situation critique, une stratégie dans les milieux urbain et rural a été mise en place par les responsables, dont la programmation de plusieurs interventions au niveau de l’aménagement des systèmes hydrauliques et du renforcement des ressources hydriques à travers le forage de puits, la mise en place de canaux d’adduction ainsi que la distribution et l’équipement d’ouvrages hydrauliques supplémentaires.
En outre, la Sonede a mis en place un programme d’entretien des réseaux de transfert et de distribution des eaux et a mobilisé des équipes techniques spécialisées pour garantir la rapidité et l’efficacité des interventions en cas de pannes et le suivi quotidien des niveaux de remplissage des réservoirs en eau potable pour un approvisionnement optimal des clients.
D’ailleurs, beaucoup de projets hydrauliques ont été réalisés jusque-là, dont l’édification de barrages, de lacs collinaires, de puits de surface, de forages et de périmètres irrigués.
Et parmi les nouvelles réalisations, on pourrait citer les projets visant à raccorder plusieurs zones de la délégation de Haffouz au réseau d’eau potable qui ont enregistré, fin décembre 2025, un taux d’avancement entre 40 et 100%.
En outre, le projet de raccordement de la zone de Chrichia à l’eau potable vient d’être achevé au profit de 1.200 familles, et ce, pour un coût de 9 millions de dinars. Idem pour les travaux de raccordement à l’eau dans certains villages de la délégation d’El Ala, et ce, pour un coût de 400.000D,
A part cela, les travaux de raccordement à l’eau potable à Douar Haj Ammar (Haffouz) sont finis, ce qui a permis à 350 familles de bénéficier de l’eau potable.
En revanche, les travaux de raccordement à l’eau dans la zone de Jalel (délégation d’El Ala) ont progressé de 40% étant donné les retards enregistrés précédemment et on espère que les 1.200 familles de ce village pourront bénéficier très prochainement de l’eau potable.