Intelligence artificielle : Une stratégie nationale bien en marche
Face à la course massive et assez soutenue vers la maîtrise de l’intelligence artificielle, notre pays n’est pas resté à l’écart.
Justement, depuis quelques années, il n’a cessé de multiplier les programmes et d’entreprendre les bonnes dispositions pour créer un environnement bien favorable à cette révolution technologique et surtout pour être, comme l’affirme le Chef de l’Etat, «au rendez-vous de ce tournant historique».
Depuis quelque temps, l’intelligence artificielle est devenue le cœur battant de toutes les politiques, notamment économiques et industrielles. Il s’agit d’une rupture technologique sans précédent.
Si les pays développés arrivent à s’en sortir à coup de centaines de milliards, les pays africains, tout comme les nations arabes trainent encore le pas et semblent incapables de suivre le rythme. On se contente, jusque-là, de parler en termes de numérisation, ou encore de haut débit au moment où les autres pays parlent de «souveraineté technologique et d’avancées algorithmiques».
Pourtant, cette orientation est, de l’avis de tous, irréversible pour la survie des économies. D’ailleurs, le Président de la République a affirmé, le 2 décembre dernier,
à l’occasion de la tenue du Sommet sur «l’intelligence artificielle vers l’avenir», qu’il est vital «d’être au rendez-vous de ces transformations majeures». Il s’agit d’un «tournant historique» à bien négocier.
Justement, pour rester dans la course du développement, prétendre à un niveau de productivité élevé et s’assurer une gouvernance efficace et transparente, l’intelligence artificielle ne doit pas être une simple promesse, mais une réalité concrète.
Certes, notre pays n’est pas resté totalement à l’écart. L’on ressent, depuis quelques années déjà, une nette volonté de relever ce défi stratégique, à travers l’aménagement d’un environnement plus au moins favorable. Il suffit de rappeler, entre autres, l’adoption, en 2018, du Start up Act qui a créé une véritable dynamique entrepreneuriale. Les dernières statistiques relèvent de l’émergence de plus de 1.000 startups, dont environ 200 qui développent des solutions basées exclusivement sur l’IA.
En parallèle, le lancement de Smart Tunisia a réussi à renforcer le niveau d’attractivité de la Tunisie, offrir de nouvelles opportunités et consolider son image de plateforme technologique de choix, notamment au niveau régional.
Stratégie inclusive
Toutefois, certains experts estiment que malgré ce statut technologique, le rythme d’avancement est encore très lent et ne permet pas de suivre, convenablement, les nouvelles tendances internationales.
Il est nécessaire, donc, de revoir rapidement cette question, à travers le lancement de toute une stratégie réfléchie et inclusive qui aiderait notre pays à mieux gérer cette révolution technologique et à garantir, progressivement, sa souveraineté numérique.
Pour bien conduire cette stratégie, il est nécessaire de se doter d’un capital humain hautement qualifié et d’investir encore plus dans les programmes de recherche et d’innovation.
Reste que pour en tirer pleinement profit, cette orientation technologique doit être gérée avec intelligence, prudence et modération. Car tout excès pourrait être, comme le soulignent les experts, lourd de conséquences, notamment en termes de désinformation, de manipulation, de dépendance, de pertes d’emplois… Comprendre, surtout, le risque de dépendance socioéconomique.