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Editorial

Un coup dur pour le droit international

  • 7 janvier 17:00
  • 3 min de lecture
Un coup dur pour le droit international

Depuis le 3 janvier, tous les radars des médias sont orientés vers Caracas, au Venezuela, où les soldats américains, sur ordre du président Trump, ont capturé le président de ce pays, Nicolas Maduro. L’opération de grande envergure aurait été préparée minutieusement depuis des mois, selon l’Etat-major américain.

L’argument avancé par Trump : les Etats-Unis sont en guerre contre le trafic de drogue et tous ceux qui l’entretiennent. Officiellement donc, il veut rayer la cocaïne et, au passage, il mettrait la main sur les ressources pétrolières (le Venezuela est le premier producteur mondial). Pire, il déclare : «Nous allons diriger le pays jusqu’à ce que nous puissions procéder à une transition sûre, appropriée et judicieuse». Quand, comment ?

Avec cette opération, Trump assume et confirme ouvertement son côté prédateur. Depuis son retour à la Maison-Blanche, il a mené 637 frappes aériennes (plus que le président Biden en quatre ans), et pas un seul raid n’a été autorisé par une instance internationale; cette fois, il s’agit d’une manœuvre de grande ampleur ; une opération lourde de conséquences internationales. parmi lesquelles l’application de la loi du plus fort prônée par lui, qui est en partie applaudie. Ce n’est donc pas aujourd’hui qu’on découvre les limites du droit international.

Ce kidnapping a secoué l’ordre moral et mondial et provoqué un séisme médiatique inouï : de tous bords, les images déferlent, appuyées par des commentaires et moult analyses.

Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, déclare être profondément préoccupé par le non- respect des règles du droit international. Il souligne l’importance du respect intégral, par tous, du droit international, y compris la Charte des Nations unies. L’opinion internationale est certes préoccupée par le comportement insensé de Trump, elle est moins attentive aux déclarations et décisions de Guterres qui n’ont plus d’effet.

Des gouvernements soutiennent ouvertement l’opération, d’autres s’en accommodent, beaucoup préfèrent se taire. Tous savent (savaient) ce que coûte la dissidence : sanctions, pressions commerciales, représailles financières.

Certains dirigeants du Vieux continent se sont globalement abstenus, pour des raisons obscures ou égoïstes, de condamner le rapt du président vénézuélien.

C’est la pire manière de défendre les principes dont ils se réclament (le droit international) et de se protéger contre un avenir sombre que préparent Trump et ses soutiens.

Rappelons que le droit de non-intervention est un principe fondamental du droit international (adopté en 1945) : Aucun État n’a le droit d’intervenir dans les affaires intérieures ou extérieures d’un autre État souverain.

Auteur

Hamma Hannachi