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USA : le Groenland dans la ligne de mire de Trump

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  • 7 janvier 10:59
  • 3 min de lecture
USA : le Groenland dans la ligne de mire de Trump

La porte-parole de la Maison Blanche a annoncé que le président américain Donald Trump étudie « plusieurs options » pour acquérir le Groenland, y compris « l’usage de la force militaire ». Cette déclaration suscite de vives inquiétudes en Europe quant au sort de cette île danoise autonome située dans l’Arctique.

Dans un communiqué transmis à l’AFP, Karoline Leavitt a déclaré : « Le président Trump a clairement indiqué que l’acquisition du Groenland est une priorité pour la sécurité nationale des États-Unis et qu’elle est vitale pour dissuader nos adversaires dans la région arctique. »

Elle a ajouté : « le président et son équipe examinent plusieurs options pour progresser vers cet objectif majeur de politique étrangère. Bien entendu, le recours à l’armée américaine reste une option envisageable pour le commandant en chef des forces armées».

Mardi, la ministre des Affaires étrangères du Groenland, Vivian Motzfeldt, a annoncé que le Groenland et le Danemark avaient sollicité une réunion d’urgence avec le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, pour discuter des récentes déclarations de Trump concernant son intention d’annexer l’île arctique.

Nuuk et Copenhague rejettent fermement l’argument récurrent de Donald Trump selon lequel une intervention serait nécessaire pour contrer la présence chinoise au Groenland. Le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, a réagi : « Nous ne sommes pas d’accord avec cette idée selon laquelle le Groenland serait saturé d’investissements chinois ».

Le Danemark étant membre de l’OTAN, la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a prévenu que toute attaque américaine contre un membre de l’Alliance signifierait « la fin de tout », y compris du système de sécurité international établi à la fin de la Seconde Guerre mondiale. « Ce n’est pas un conflit avec le Royaume du Danemark… mais avec l’Europe entière », a-t-elle déclaré à la chaîne DR.

De son côté, le Premier ministre canadien Mark Carney, aux côtés de Mme Frederiksen à Paris lors d’une conférence sur l’Ukraine, a affirmé que « l’avenir du Groenland et du Danemark ne peut être décidé que par les peuples du Danemark et du Groenland ». Le Canada suscite également l’intérêt de Donald Trump, qui avait déclaré plus tôt cette année que le pays devrait devenir le 51e État américain.

Un front européen uni

La France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne, l’Espagne et le Royaume-Uni ont publié un communiqué conjoint exprimant leur soutien au Danemark. Ils ont rappelé que le Danemark est un allié de l’OTAN, au même titre que les États-Unis, et qu’il est lié à ces derniers par un accord de défense.

Le Groenland et le Danemark ont réitéré à maintes reprises que le territoire n’est « pas à vendre » et qu’il est seul souverain de son avenir. Donald Trump manifeste depuis longtemps ses ambitions pour cette île de 57 000 habitants, estimant qu’elle appartient à la sphère d’influence naturelle des États-Unis.

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Auteur

La Presse