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Loi de Finances 2026 : Priorité au social au détriment de l’investissement

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  • 8 janvier 13:58
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Loi de Finances 2026 : Priorité au social au détriment de l’investissement

Les considérations sociales ont prépondéré dans la loi de finances 2026. On y constate un très fort impact des dépenses à caractère social contre une faiblesse des investissements créatifs de richesses, a indiqué, jeudi, Mohamed Louzir, Secrétaire Général de la Chambre de Commerce et d’Industrie Tuniso-Française (CCITF).

Intervenant lors d’une matinée d’information et d’échanges consacrée aux nouvelles dispositions de la Loi de Finances 2026, organisée jeudi, à Tunis, par la CCITF, Louzir a précisé que les dépenses à caractère social et de subvention dépassent 19 milliards de dinars soit l’équivalent de 5 472 dinars par an et par famille (nombre de familles en 2025 : 3472 188).

« Ces aides sociales importantes sont par ailleurs, associées à un système de gestion compliqué, non efficace, à risque et présentant une complexité de chiffrage et de suivi » a-t-il ajouté.

Louzir a, par ailleurs, évoqué le poids de la masse salariale de la fonction publique soulignant la croissance depuis 2010, de 35% des effectifs et de 191% du salaire brut annuel moyen.

«Cette augmentation des effectifs qui s’accompagne par un véritable manque de productivité, pose un vrai problème auxquelles de vraies solutions devraient être trouvées ».

Le secrétaire général de la CCITF s’est en outre longuement arrêté sur la forte pression fiscale qui est des plus élevées en Afrique, précisant que cette pression s’est établie à 33,5% du PIB en 2022 et devrait passer à plus de 34% à fin 2025. Cette pression devrait se poursuivre en 2026.

Et d’enchaîner « l’impôt sur les sociétés a significativement augmenté passant de 2,8 milliards en 2022 à 6 milliards en 2025, soit une augmentation de 113% en 3 ans. Cette tendance ne va pas être inversée en 2026. Trop d’impôt tue l’impôt. Cette tendance va certainement impacter négativement, les investissements » a-t-il indiqué.

« L’autre problème en rapport avec la fiscalité en Tunisie est que le nombre de contribuables reste faible vu l’importance de l’informel qui grignote plus de 40% du PIB », a-t-il encore déploré.

Louzir a aussi souligné le poids de la dette indiquant que face aux difficultés à lever la dette extérieure, il y a eu un asséchement du marché local par le fort financement de l’Etat au détriment de l’investissement public et privé (Part de l’Etat dans le total des crédits est passé de 17% en 2020 à 33,4% en 2025), outre le financement du déficit par le recours à l’emprunt direct auprès de la BCT.

S’agissant des mesures que la CCITF aurait souhaité trouvé dans la LF 2026, Louzir a indiqué qu’il s’agit de signaux de confiance aux investisseurs publics et privés, de vraies actions de restructuration des entreprises et des administrations publiques, une orientation des fonds de la BCT vers le secteur productif plutôt que vers les dépenses de fonctionnement, une accélération de la réforme fiscale, des encouragements tangibles pour les secteurs porteurs comme l’énergie renouvelable ou l’intelligence artificielle et un maintien du dialogue avec les bailleurs de fonds internationaux.

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Auteur

La Presse