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Economie

Tourisme tunisien : Se replacer sur la bonne trajectoire

  • 8 janvier 18:45
  • 4 min de lecture
Tourisme tunisien : Se replacer sur la bonne trajectoire

Le tourisme tunisien affiche toujours une bonne santé, avec un record de plus de 11 millions de visiteurs enregistré à la fin de l’année en cours. Toutefois, le secteur demeure encore très en deçà de son potentiel réel.

Il peut donc faire mieux, à condition de définir une trajectoire claire et cohérente.

Cela suppose notamment une amélioration de la connectivité aérienne, une offre plus personnalisée, le développement de nouvelles niches attractives et un effort d’investissement plus soutenu, en particulier au niveau régional.

La Presse — L’année 2025 s’achève plutôt bien, avec une très bonne note touristique, du moins sur le plan quantitatif. Les dernières statistiques confirment que la barre de 11 millions de visiteurs, prévue depuis la fin du premier semestre, a été franchie. Battant ainsi le record de 2024 et dépassant toutes les espérances du début de l’année.

Une performance qui coïncide avec le retour en force de certains marchés traditionnels, britannique notamment avec une moyenne de progression de plus de 40 %, ou encore le bon comportement d’autres comme le marché asiatique, chinois, surtout, avec une croissance d’environ 19 %

Au niveau des recettes, les statistiques parlent d’une enveloppe globale de 7,9 milliards de dinars, contre 7,5 milliards une année auparavant. Certes, cette légère évolution des recettes est toujours bonne à prendre, surtout qu’elle témoigne d’une nette volonté d’enrichir et de diversifier l’offre tunisienne, mais elle reste, toutefois, et comme on a tendance à le rappeler, insuffisante par rapport au potentiel touristique national et même en comparaison avec les performances de nos concurrents directs.

En Egypte, l’année touristique a coïncidé avec un record historique d’environ 19 millions de visiteurs, soit une évolution de 21 % par rapport à 2024, et des recettes aux alentours de 18 milliards de dollars (+ de 53 milliards en dinars).

Les analystes justifient cette évolution par la dynamique et la fiabilité du trafic aérien, la personnalisation de l’offre selon les spécificités des marchés, l’émergence de nouvelles destinations, jusque-là méconnues, et par l’envol de l’offre culturelle qui a permis d’améliorer son niveau d’attractivité de 33,5 %. Ce qui est encore important, c’est que les perspectives des années à venir sont beaucoup plus importantes. On parle déjà de 30 millions de touristes en 2030.

Question de planification

Le tourisme marocain, qui table sur 26 millions d’arrivées en 2030, affiche, lui aussi, une très bonne santé, avec 19,8 millions de visiteurs, soit une progression de 14 %. Une performance que tout le monde qualifie d’historique puisque c’est la première fois qu’il frôle les 20 millions.

Les mêmes analystes retiennent ainsi une trajectoire solide et durable dont le mérite revient, essentiellement, à une feuille de route misant sur l’amélioration du niveau de la connectivité aérienne, l’augmentation de la capacité d’hébergement, la diversification de l’offre, la garantie de la qualité totale et la dynamisation de l’investissement.

L’écart avec nos concurrents est certes important mais la Tunisie dispose d’assez d’arguments solides pour rattraper son retard et même faire mieux. Il suffit seulement d’une planification bien réfléchie, capable d’identifier les priorités stratégiques de notre secteur phare.

Des priorités qui devraient porter, en particulier, sur l’amélioration du niveau de nos liaisons aériennes, la consolidation des investissements à forte valeur ajoutée, l’identification de nouvelles niches et la valorisation de notre potentiel régional, en mesure de faire, à lui seul, la différence. La formation professionnelle et la qualification se placent, également, comme des exigences incontournables.

Auteur

Anis SOUADI