Après le rapport alarmant de la Cour des comptes : Saïed ordonne un sursaut judiciaire
• Des crimes financiers mis à nu
• Des pertes massives dans le secteur public
• Onze structures publiques épinglées pour graves défaillances
Le Président de la République, Kaïs Saïed, a reçu hier vendredi 9 janvier 2026 au palais de Carthage, Mme Fadhila Gargouri, première vice présidente de la Cour des comptes, qui lui a remis le rapport annuel général de l’année écoulée, ainsi qu’un ensemble d’autres rapports sectoriels.
Les travaux de contrôle menés par la Cour ont mis en évidence de nombreuses défaillances. Ainsi, pour seulement onze structures publiques, les pertes ont été estimées à environ 1 070 millions de dinars. Parmi elles, et non des moindres, figurent la compagnie Tunisair, dont les pertes ont été évaluées à plus de 316 millions de dinars, ainsi que l’Office de la marine marchande et des ports, dont les pertes ont avoisiné 291 millions de dinars. Parmi les causes de ces dépassements — voire de ces crimes — figurent le versement de salaires, primes et indemnités sans fondement légal, conjugué à la faiblesse des mécanismes de contrôle et de suivi.
Le Chef de l’État a souligné que ces chiffres alarmants reflètent l’ampleur de la dévastation et du sabotage systématique qu’a connus le pays, insistant sur la nécessité d’en tirer toutes les conséquences juridiques face à une corruption qui s’est profondément enracinée dans de nombreux rouages de l’État. Le peuple tunisien est en droit de récupérer l’intégralité de ses fonds : les rapports sont importants, mais ce qui l’est davantage encore, ce sont les mesures, effets et résultats juridiques qui doivent en découler.
Le Président de la République a également insisté sur la nécessité de réviser plusieurs textes législatifs, tout en éliminant les causes ayant conduit à une situation qui ne saurait perdurer, rappelant qu’il est du droit du peuple d’exiger des comptes et des poursuites, puisqu’il s’agit de ses fonds qui ont été spoliés et de ses droits qui ont été confisqués.
Enfin, le Chef de l’État a précisé que l’objectif n’est pas d’instaurer des juridictions pour régler des comptes, mais de garantir une Cour des comptes efficace ainsi qu’une justice rapide et équitable dans l’ensemble des juridictions, quelles que soient leurs compétences.