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Autonomie, gouvernance et adaptation : les piliers de la résilience économique tunisienne

  • 11 janvier 16:23
  • 5 min de lecture
Autonomie, gouvernance et adaptation : les piliers de la résilience économique tunisienne

“La résilience de l’économie tunisienne reste tributaire de sa capacité à renforcer son autonomie économique et financière ainsi que sa gouvernance, lesquelles conditionnent sa capacité à amortir les chocs à court et moyen termes”, a souligné l’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives (ITCEQ), dans une note intitulée “Résilience de l’économie tunisienne : mesure et positionnement extérieur”.

Il s’agit aussi de sa capacité à consolider les progrès en matière de cohésion sociale et de capacité de production, laquelle demeure néanmoins en deçà des performances réalisées par les pays de comparaison, selon les auteurs du document, Thouraya Lakoud et Sonia Mahfoudh, économistes en chef, et Walid Mensi, ingénieur statisticien analyste à l’ITCEQ.

D’après eux, il est nécessaire d’inscrire la résilience économique comme une priorité dans les stratégies sectorielles, territoriales et nationales de développement, en articulant les dimensions économiques, sociales et environnementales.

Pour renforcer la résilience de l’économie tunisienne, il convient de garantir la cohérence des actions tout au long du cycle de réponse aux chocs et de consolider le positionnement international du système économique en matière de résilience. À cet effet, les réformes à entreprendre doivent être structurées autour de trois capacités : absorption, récupération et adaptation.

En premier lieu, l’ITCEQ préconise de renforcer la capacité d’absorption. Il s’agit d’amortir les chocs sans rupture systémique, de réduire les coûts et de diversifier les sources de financement, tout en facilitant les conditions d’accès au crédit afin d’augmenter les marges de manœuvre des opérateurs économiques, d’atténuer les chocs à court terme et de pouvoir engager les investissements nécessaires à la récupération et à la préparation de la transformation.

L’Institut recommande également d’activer les accords commerciaux pour renforcer l’intégration commerciale et diversifier les marchés à l’exportation dans un objectif d’autonomie commerciale, ainsi que d’augmenter le volume des investissements dans les infrastructures économiques et sociales à travers le budget de l’État et les PPP (partenariats public-privé). L’amélioration des services collectifs en matière de santé, d’éducation, de filets de sécurité sociale, de transport et de logistique permet de garantir la stabilité et une cohésion durable, renforçant ainsi les capacités d’absorption et d’adaptation.

En deuxième lieu, l’Institut appelle à stimuler la capacité de récupération, en restaurant rapidement les équilibres après les crises, notamment à travers la stabilisation de la production agricole par la mise en œuvre d’une politique visant la modernisation des pratiques productives, en particulier l’amélioration de la gestion des ressources en eau et le soutien financier pour faire face aux aléas climatiques. Cela permettrait de réduire la dépendance alimentaire et d’assurer un approvisionnement continu des marchés.

Parmi les recommandations figurent également la simplification des procédures administratives et la stabilisation du cadre réglementaire régissant le climat d’investissement, en particulier le cadre fiscal, afin d’assurer davantage de visibilité aux opérateurs économiques, ainsi que la mise en place d’un dispositif institutionnel de coordination, de clarification des responsabilités et de suivi-évaluation des risques, tout en renforçant les capacités locales de gestion de crise.

“Les collectivités territoriales devraient être dotées de compétences et d’outils adaptés, disposer de cellules de réponse rapide et associer les acteurs locaux aux dispositifs de relance”, souligne encore l’ITCEQ.
En troisième lieu, l’Institut préconise d’accélérer la capacité d’adaptation, en transformant durablement les systèmes économiques, en renforçant les mécanismes de reconversion des travailleurs dans les secteurs en difficulté et en promouvant la mobilité professionnelle vers les filières porteuses, afin de soutenir une réallocation efficace des ressources humaines.

Il importe également de développer les compétences d’avenir, numériques, vertes et managériales, en adéquation avec les besoins émergents du marché du travail et les transformations structurelles de l’économie, et de retenir les talents en favorisant notamment la formation continue et la création d’un environnement attractif pour les compétences locales et expatriées (politiques de rémunération compétitives, conditions de travail attractives, etc.), dans le but d’accompagner la transformation économique.

Les autres recommandations portent sur l’accélération de la mise en œuvre des projets de transition digitale et écologique dans une perspective d’adaptation, afin de réduire la dépendance commerciale, énergétique et technologique, la mobilisation des financements verts, le développement de filières locales et l’adoption de technologies propres dans les secteurs productifs.

Il s’agit également de promouvoir l’économie circulaire afin d’optimiser l’usage des ressources, d’assurer une plus grande autonomie au niveau de la chaîne d’approvisionnement et de préserver les ressources stratégiques, notamment l’eau et l’énergie, ainsi que de relancer la politique industrielle et technologique en soutenant les secteurs à forte valeur ajoutée, en stimulant l’innovation des PME et en encourageant la diversification des produits (touristiques, agricoles, etc.).

Auteur

La Presse

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