Ikram Azzouz, gérant du Centre des arts à l’Africa, à La Presse : Nouveau visage, nouvelle approche
Homme de théâtre, acteur et producteur, Ikram Azzouz a pris la gérance de la salle de cinéma Africa devenue désormais Centre des arts polyvalent proposant une programmation spécifique et diversifiée entre théâtre, cinéma, danse et musique. Dans cette interview, il apporte un éclairage sur la rénovation de la salle Africa et donne un aperçu du line up du nouveau Centre, du festival du monodrame ainsi que de celui du mois de Ramadan.
La Presse — La salle de cinéma Africa a rouvert ses portes après de longues années de fermeture. Quelles ont été les circonstances de sa réouverture ?
La réouverture de la salle Africa revient à la volonté des propriétaires de l’hôtel Africa que je tiens à saluer. Après l’incident survenu en 2011 suite à la projection du film « Ni maître, ni Dieu » de Nadia Feni, l’activité de la salle a été réduite au maximum et ne reprend qu’à l’occasion de certains rares événements comme les Journées cinématographiques de Carthage. Après 14 ans, l’idée est venue de transformer la salle de cinéma en un Centre des arts polyvalent pouvant accueillir d’autres activités : théâtre, musique, danse et cinéma.
Pour ce faire, des aménagements ont été entrepris au niveau de la scène qui a été agrandie (9 mètres/ 4,5 mètres) et élevée. Une loge a été aménagée pour accueillir les artistes et un nouvel équipement d’éclairage et de son est également prévu. Le Centre des arts a démarré avec quelques spectacles : « L’orchestre de chant » dirigé par Hafedh Makni, un concert de jazz animé par Habib Samandi, un festival pour enfants piloté par Slah M’sadek avec la contribution du magicien Foed Jlidi et la projection du film pour enfants « La bague de Didon » de Khalil Bahri. L’humoriste tunisien Mehdi Bach Terzi se produira le 17 janvier et le jazzman El Ouaer se produira avec des musiciens allemands et autrichiens le 23 de ce même mois.
Qu’en est-il de l’audience ? Est-ce qu’il y a une affluence du public ?
Le public répond à l’appel bien qu’on n’ait pas encore communiqué sur la réouverture officielle du Centre des arts. Les artistes font leur propre promotion. Mais, bientôt, la société Ashtag média démarrera la communication officielle sur les activités du Centre. La salle a été optimisée pour plus de confort et d’accueil des artistes que nous avons sollicités pour présenter leurs spectacles. Outre les nouveaux équipements, la sécurité est également assurée étant donné que la salle est située dans un hôtel 5 étoiles.
Par ailleurs, la programmation sera différente. On a élaboré une convention avec une école de cinéma pour organiser des séances de projection des travaux de diplômés. On a aussi assuré l’organisation de projections de la manifestation « 48 hour film project ».
Vous êtes l’initiateur du festival du monodrame, est-ce que vous allez poursuivre son organisation dans le nouveau Centre des arts ?
Sans aucun doute. La 8e édition se tiendra du 30 avril au 3 mai 2026 au Centre des arts de l’Africa et à la Maison de la culture Ibn-Rachiq. Depuis septembre 2025 on a lancé les demandes de participation. Les réponses nous sont parvenues d’Espagne, de Colombie, des Etats-Unis et de plusieurs autres pays. Une Foire du livre consacrée aux ouvrages de théâtre avec la publication de deux nouveaux livres aura lieu à l’avenue Bourguiba avec la participation de plusieurs pays arabes. Le programme comprend également des représentations de théâtre de rue et de la citoyenneté à l’avenue Bourguiba.
Le conte sera présent dans quatre gouvernorats du Grand Tunis : Tunis, Ben Arous, Ariana et Manouba avec des conteurs français, italiens, tunisiens et de différents pays arabes. Ils seront les invités de ces villes qui les prendront en charge et leur feront visiter les sites et les monuments importants de leurs villes.
La compétition officielle comprend 13 monodrames, le théâtre de rue et de la citoyenneté (25) et les contes (30) représentations. Deux jurys sont prévus. Le premier présidé par le Ds Khaled Jajel, metteur en scène égyptien avec à ses côtés : Slimane Arti (Koweit), Nozha Nejm (Irak) et Driss Ben Hadid (Algérie). Quant au deuxième jury,il aura à sa tête la Koweitienne Leila Hadded et deux autres membres tunisiens.
Qu’en est-il de la programmation du mois de Ramadan ?
On a prévu des spectacles durant tout le mois de Ramadan. On veut créer de nouvelles formules sous l’intitulé : « Layali ramadanesques de l’Africa » avec un programme très varié dont la fameuse nuit des dramatiques TV qui se déroulaient autrefois à la Maison de la culture Ibn-Khaldoun. Cette soirée de débat autour des dramatiques télés tunisiennes du mois de Ramadan se tiendra le 23 du mois saint avec la participation d’artistes, de réalisateurs et de critiques, et ce, dans le but de contribuer à apporter une réflexion sur l’avenir des séries télés.
On a aussi programmé « La nuit du cinéma » avec la collaboration d’Olfa Chakroun de l’école de cinéma de Denden, et ce, pour donner une visibilité aux films des diplômés de cette école. Pour ce qui est de la musique, on a prévu le 26 février un spectacle de variété animé par Mohamed Abid avec sa troupe « Ennaghem » de Tarab. Il y aura des artistes qui se produiront à l’instar de Lilia Nechi et Jamel Chebbi, sans oublier le chant soufi avec « Tatriz ». Une programmation variée de sorte que le public disposera d’un large choix pour ses soirées ramadanesques.