À partir du 1ᵉʳ janvier 2026, l’Autriche a renforcé les conditions financières exigées pour l’obtention d’un titre de séjour, rendant l’accès au séjour légal plus strict pour les ressortissants de pays tiers, y compris les Tunisiens, les Algériens, les Marocains et d’autres non‑Européens.
Cette mesure, entrée en vigueur au début de l’année, s’inscrit dans une série de réformes migratoires visant à garantir que les demandeurs possèdent des ressources suffisantes pour subvenir à leurs besoins sans recourir à l’aide sociale.
Selon une circulaire publiée début janvier par le ministère de l’Intérieur autrichien, les candidats à certains titres de séjour “sans activité lucrative” doivent désormais démontrer qu’ils disposent d’un revenu net minimum mensuel d’au moins 1 273,99 € pour une personne seule. Pour les couples mariés, ce seuil passe à 2 009,85 €, avec un supplément de 196,57 € par enfant à charge.
Cette révision, basée sur l’indexation du seuil de l’Ausgleichszulagenrichtsatz (allocation complémentaire servant de référence sociale), représente une augmentation par rapport aux seuils antérieurs.
Cette exigence renforce une condition que les autorités autrichiennes qualifient de “secure livelihood test”, visant à s’assurer que les demandeurs de permis de séjour disposent de ressources financières suffisantes avant d’être autorisés à résider légalement sur le territoire. Les autorités précisent également que les prestations sociales ou les aides ne sont pas prises en compte pour satisfaire ces conditions si le demandeur ne possède pas encore de titre de séjour, ce qui complique davantage la procédure pour certains candidats.
La mesure a été saluée par certains responsables comme un moyen de protéger les finances publiques et de mieux encadrer l’immigration légale. Toutefois, elle suscite des inquiétudes auprès d’experts en mobilité internationale qui estiment qu’elle pourrait restreindre l’accès au marché du travail et à l’intégration sociale pour les personnes souhaitant s’installer en Autriche, notamment celles issues de pays hors Union européenne.
Les autorités autrichiennes ne limitent pas cette mesure à une nationalité particulière : elle s’applique à tous les ressortissants non membres de l’UE/Schengen qui présentent une demande de titre de séjour dans le cadre des catégories concernées. Cela inclut en particulier les Tunisiens qui envisagent de s’installer en Autriche pour des raisons familiales, personnelles ou pour des projets non liés à une activité rémunérée.
Pour les candidats, ces nouveaux seuils exigent la présentation de preuves de revenus nets mensuels stables avant l’approbation de leur dossier. Cette exigence est applicable aux demandes de permis de séjour temporaires ou permanents sans activité lucrative, comme certains permis de regroupement familial ou de séjour pour raisons personnelles. Les demandeurs doivent fournir des documents justifiant leurs revenus, tels que des relevés bancaires, contrats de travail ou attestations de ressources suffisantes.
Cette réforme suit une tendance observée dans plusieurs pays européens qui durcissent leurs politiques migratoires. Par exemple, la France a récemment introduit de nouvelles conditions pour l’accès à certains titres de séjour et naturalisation, comme la nécessité de réussir un examen civique ou de remplir des conditions linguistiques, renforçant ainsi les critères d’accès aux droits des étrangers.
Alors que la mesure entre pleinement en vigueur, les organisations d’aide aux migrants appellent à un suivi attentif de son impact, notamment sur les familles, étudiants et demandeurs de séjour hors activité lucrative, pour garantir que les procédures restent transparentes, équitables et conformes aux normes internationales en matière de droits des migrants.