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Société

Concours du « Sixième » : Les mathématiques sont-elles devenues le « loup-garou » des élèves ?

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  • 12 janvier 13:18
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Concours du « Sixième » : Les mathématiques sont-elles devenues le « loup-garou » des élèves ?

Mohamed Ali Jendoubi, professeur à l’Université de Carthage et président de l’Association méditerranéenne de recherche en mathématiques, a confié à la radio Mosaïque FM que les mathématiques sont présentées aux élèves dès le primaire comme un « épouvantail » qui fait peur. Selon lui, l’examen de la sixième  année de base en est la preuve flagrante; sa complexité excessive ancre chez l’enfant l’idée que cette matière est inaccessible et réservée à une élite.

Jendoubi a souligné que cette perception erronée a créé une aversion généralisée pour la discipline, malgré son rôle pivot dans le monde moderne. « L’intelligence artificielle, qui révolutionne notre époque, repose essentiellement sur les mathématiques et les algorithmes, plaçant cette matière au cœur de la transition technologique actuelle », a-t-il souligné.

Par ailleurs, la ‘universitaire déploré le fait que l’école se concentre désormais sur la formation d’élèves capables de résoudre des problèmes complexes par le biais du « bourrage de crâne »  et de la mémorisation, plutôt que par la réflexion. Pour lui, cette approche vide l’enseignement de sa substance et ne développe pas l’esprit critique chez les écoliers.

Il appelle à une réforme profonde du système éducatif afin de placer le développement des capacités d’analyse et de raisonnement au centre de l’apprentissage, au lieu de se contenter d’accumuler des solutions prêtes à l’emploi. Il a pointé également du doigt les cours particuliers, qui aggravent ce dysfonctionnement en privilégiant la répétition d’exercices types sans apprendre aux élèves à construire leur propre logique mathématique.

S’exprimant lors d’une journée scientifique à la Cité des Sciences sur « Les mathématiques et les métiers du futur », Jendoubi a déconstruit l’idée reçue selon laquelle les études de mathématiques ne mènent qu’à l’enseignement.

Au contraire, les plus grandes entreprises mondiales recherchent des profils dotés d’une pensée logique et méthodique. Même les médecins, précise-t-il, ont besoin d’une « mentalité mathématique » pour analyser les cas, poser les bonnes questions et prendre des décisions précises.

De son côté, Firas Ben Njima, chercheur en mathématiques, a affirmé que la majorité des métiers modernes sont liés, de près ou de loin, à cette discipline, notamment dans les secteurs de la technologie, de l’informatique, de l’IA et de l’analyse de données.

Ben Njima regrette que les mathématiques soient présentées comme une matière abstraite et immatérielle. Pour les élèves, elles se résument souvent à de simples chiffres influençant la moyenne générale, ce qui favorise un rejet et une relation négative avec la matière.

Le chercheur a appelé à un changement radical de perception.  » Il est impératif de ne plus réduire les mathématiques à une note sur un bulletin, mais de convaincre les élèves qu’il s’agit d’une science vivante et concrète, ayant des applications quotidiennes dans tous les aspects de la vie ».

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Auteur

La Presse

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