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Le profil du futur sélectionneur : La personnalité en premier lieu

  • 12 janvier 20:00
  • 5 min de lecture
Le profil du futur sélectionneur : La personnalité en premier lieu

La Presse — Ce n’est pas parce qu’un entraîneur est têtu, arrogant, mauvais communicateur,  que l’on doit prendre position et assurer au reste du monde que nos entraîneurs sont mauvais. D’ailleurs, ceux que l’on a approchés pour prendre en charge l’équipe nationale sont au service de grandes équipes et dominent leur sujet. Nos entraîneurs sont un peu partout dans le monde, toutes spécialités confondues. Ils imposent le respect. Et ce n’est pas du tout pour leurs beaux yeux.

Ils sont compétents et ils se sont imposés là où ils sont passés. Le problème n’est pas  là. Il est au niveau de la personnalité de l’entraîneur. S’il fait partie du système, il peut faire long bail. S’il prend la décision d’en faire à sa tête et de diriger son groupe tel qu’il l’entend, il est cuit. Tout est malheureusement en place pour le descendre en flammes. Il n’y a qu’à se souvenir du cas de Faouzi Benzarti qui ne saurait être considéré comme un débutant.

Il a été mis à l’écart sans que personne ne comprenne ce qui s’est passé vraiment dans les coulisses et entre personnes dont les seuls objectifs se limitent à faire jouer tel ou tel joueur pour rendre service à sa région ou à un agent, élever la cote, démolir un élément qui a faussé compagnie, etc. Les agents se sont fourvoyés dans les comités directeurs des fédérations et des clubs. Imposer un joueur  ou un entraîneur est devenu un  jeu d’enfants.

L’entourage

Le fait de faire des comptes d’épicier et d’imposer un joueur pour que son équipe reçoive la prime prévue et écarter un autre pour que cette prime n’aille pas ailleurs, c’est de l’art dans le royaume de la combine. L’ex-sélectionneur Sami Trabelsi aurait mieux fait de résister à la décision de mettre à l’écart le meilleur buteur actuel de la compétition au bénéfice d’une âme en peine. Il y aurait peut-être eu d’autres résultats.

Nous avons eu déjà affaire à ce genre de diktat avec des entraîneurs étrangers «tunisifiés» qu’on a livrés aux prédateurs de service. Que l’entraîneur soit tunisien ou étranger, il nous semble donc que c’est secondaire. Le problème réside dans l’entourage du personnel d’encadrement. Des chauvins qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. Malades de pouvoir et d’autorité déplacés dont les effets rejaillissent sur la qualité de nos techniciens, qui ne méritent pas ce traitement.

S’il y a des reproches à faire, c’est aux seconds qu’il faudrait adresser. A quoi sert un adjoint ? Est-ce que sa présence se limite à signer la feuille de présence? En principe, il occupe un rôle de première importance. C’est lui avec ceux qui sont chargés des analyses et études des adversaires qui fournissent les éléments d’intervention pour le sélectionneur. Ils jugent à froid et réagissent pour redresser les situations délicates..

A moins bien sûr que le sélectionneur ne veuille tout faire à sa façon. Des adjoints et son équipe technique dans ces conditions n’ont plus rien à faire. Il n’y a qu’à voir ce qui se passe autour des entraîneurs les plus réputés du monde. On vient de manière discrète et à plusieurs reprises souffler à l’oreille de l’entraîneur.  Ce n’est certainement pas pour demander une autorisation d’aller…..quelque part, mais pour passer un message.

Et c’est à l’entraîneur en chef de prendre la décision. Les sports collectifs obéissent tous à des schémas de comportement de base, qu’il s’agit de débusquer et de réagir en conséquence pour brouiller le jeu de l’adversaire. D’ailleurs, les comportements des joueurs d’une équipe ou de l’adversaire du jour fournissent les premiers éléments aux entraîneurs, une fois la compétition engagée.

Autre problème que l’on a négligé, celui relatif à ce qui se passe au niveau du centre d’hébergement, à l’hôtel, à table, dans le car, etc. Les joueurs ressentent les distorsions, accusent les chocs des regards faux-fuyants et l’absence de franchise qui marque l’ambiance.Certains joueurs en ont fait part et personne ne semble disposé à les écouter. Pourquoi? Le fait même que l’on fasse allusion de remercier (à l’amiable) le sélectionneur, en pleine compétition,  sans bilan ni analyse de toute cette expédition, dénote un manque de professionnalisme notoire.

Que dira-t-on à celui qui prendra la relève? Rien. A moins de lui présenter les coupures des journaux et les envolées lyriques des sites web. Ce n’est même pas de l’amateurisme.

Auteur

Kamel GHATTAS

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