Décrocher une place sécurisée où garer sa voiture dans les grandes villes devient un véritable calvaire pour les Tunisiens motorisés. C’est dans les grandes villes, en effet, que le secteur des services fleurit. On y trouve ainsi la majorité des services administratifs, sanitaires et divers commerces.
Et pour faire leurs courses, les citoyens disposant d’un véhicule contribuent, malgré eux, à la forte demande de stationnement. Or, les parkings dignes de cette appellation se font rares. La disponibilité des zones bleues l’est aussi.
La Presse — Force est de constater que la forte demande en stationnements dans les grandes villes constitue une conséquence prévisible de tout un système de centralisation des services. Prenons l’exemple des villes et des zones urbaines du Grand Tunis, soit des quatre gouvernorats caractérisés par une grande population, à savoir Tunis, l’Ariana, La Manouba et Ben Arous.
Ces villes forment de véritables métropoles administratives, sanitaires, commerciales, juridiques, universitaires et autres. On y distingue même une répartition géographique et civile selon la nature de l’activité dominante. Au centre-ville de Tunis, par exemple, l’on constate une effervescence administrative et commerciale qui nécessite des déplacements considérables.
Dans la zone d’Ennasr, l’activité commerciale et de restauration domine le paysage. Du côté du Centre Urbain Nord, les services sanitaires prennent le dessus avec notamment des cabinets de médecins, des centres d’imagerie médicale, des laboratoires d’analyses médicales et bien d’autres prestataires de services.
Au Bardo, et plus précisément à l’avenue Bourguiba, l’activité dominante est celle commerciale mais aussi bancaire et sanitaire…Les exemples ne manquent pas et le problème est le même : où stationner ?
La peur de la fourrière et de ses amendes !
Il est vrai que dans certaines zones, des parkings payants sont mis à la disposition des concitoyens motorisés. Néanmoins, leurs capacités d’accueil ne vont pas de pair avec le volume des voitures en quête de places. Leur offre semble plutôt limitée surtout à certaines heures de la journée. Dans les zones «sanitaires», il est souvent incommodant pour des personnes souffrantes ou séniles de stationner à des centaines de mètres du prestataire de services sanitaires.
Pour certains malades ou encore pour les séniors affaiblis par l’âge, tout effort rime souvent avec douleur et souffrance. Du coup, stationner leurs véhicules tout près de leurs destinations respectives relève, donc, du nécessaire. Cela pourrait être considéré comme un détail sans importance pour les uns, il représente néanmoins, pour d’autres, une récurrente contrainte, voire une angoisse, dans la mesure où le risque d’embarquement de la voiture à la fourrière ou d’un sabot est très élevé.
Il faut souligner, aussi, que dans certaines zones pourtant sans trafic routier significatif, l’interdiction de stationner est indiscutable sans pour autant apporter des solutions alternatives. A la moindre tentative de stationnement, les habitués des lieux vous avertiront d’un éventuel enlèvement de votre voiture, comme si le plus important était d’infliger des amendes, rien de plus.
Des zones bleues occupées, des parkings au complet
En outre, les zones bleues —qui dans la majorité des pays permettent un stationnement gratuit mais limité dans le temps — sont payantes. D’ailleurs, au centre-ville de Tunis, elles ne suffisent plus à satisfaire la demande en stationnement. A défaut, certains se trouvent contraints de recourir aux parkings installés dans des terrains boueux qui affichent complet dès les premières heures de la matinée ! Quant aux grands parkings implantés dans des sous-sols, ils imposent de renouveler le paiement toutes les heures ou les deux heures, sans pour autant garantir une sécurité optimale, tant pour les véhicules que pour les personnes.
Toutes ces contraintes de stationnement finissent parfois par décourager les personnes à vaquer à leurs courses dans les grandes villes. C’est ce que dénnoncent, d’ailleurs, les commerçants actifs au marché central. Faute de solutions fiables et pratiques de stationnement dans les parages, ils voient le nombre de clients et de visiteurs diminuer.
Le transport en commun n’est plus le plan B
A l’usage des voitures pour se déplacer dans les grandes villes, pas de grandes alternatives : le transport en commun, lui, ne convient plus à la majorité des concitoyens, non seulement pour son manque de ponctualité, mais aussi à cause des mauvaises conditions de voyage et de l’insécurité qui y règne en maître.
Si la mise à niveau du transport en commun risque de prendre des années, voire des décennies, faute d’une vision claire, de moyens et de stratégies, des solutions à portée de main existent pour résoudre le problème de stationnement dans les grandes villes. Ces dernières comptent d’innombrables bâtiments désuets menaçant ruine et désertés, des lots de terrain vagues non exploités depuis des lustres. Autant réfléchir à des solutions pratiques et minimalistes côté coût pour doter les villes de parkings et — pensons-y— d’espaces verts afin d’apporter le plus qui manque.