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Facturation électronique: 66 % des entreprises tunisiennes non préparées, alerte la CONECT

  • 14 janvier 14:13
  • 3 min de lecture
Facturation électronique: 66 % des entreprises tunisiennes non préparées, alerte la CONECT

La CONECT tire la sonnette d’alarme sur la facturation électronique obligatoire prévue en 2026 et révèle qu’une écrasante majorité de 66 % des entreprises tunisiennes ne sont absolument pas préparées à cette transition, selon une enquête présentée lors d’une demi-journée d’information organisée ce jour sur la Loi de Finances 2026. Cette situation expose les deux tiers des sociétés interrogées à un risque immédiat de non-conformité alors que l’extension de cette obligation aux prestations de services approche à grands pas.

Les chiffres dévoilés par la Confédération des Entreprises Citoyennes de Tunisie dressent un tableau particulièrement préoccupant du niveau de préparation du tissu économique tunisien. L’enquête menée auprès des membres de la CONECT établit que 83 % des entreprises affichent une connaissance insuffisante de la réglementation, tandis que 74 % identifient le manque d’information claire comme obstacle principal à leur mise en conformité. Plus inquiétant encore, 67 % des sociétés anticipent un impact critique ou significatif sur leur activité, avec des conséquences potentielles allant jusqu’à des suspensions d’activité ou des sanctions financières lourdes.

La dimension comparative internationale présentée lors de cette rencontre met en lumière une réalité que les autorités tunisiennes semblent avoir sous-estimée. Les exemples du Brésil, qui a consacré dix années au déploiement de sa réforme, de l’Italie qui a nécessité quatorze ans de préparation, de la France qui a reporté trois fois son calendrier, et du Maroc qui prévoit un déploiement progressif sur trois ans démontrent qu’aucun pays comparable n’a réussi une généralisation immédiate de la facturation électronique sans heurts majeurs.

Face à cette situation critique, la Confédération formule cinq axes de recommandations aux autorités compétentes tout en réaffirmant son engagement historique en faveur de la modernisation du cadre fiscal tunisien et d’une plus grande transparence. La CONECT insiste néanmoins sur le fait qu’une réforme, aussi légitime soit elle dans ses objectifs, risque l’échec si elle est insuffisamment préparée et brutalement exécutée.

Les recommandations de l’organisation patronale s’articulent autour de mesures concrètes visant à éviter un choc économique brutal. La première consiste à instaurer un moratoire immédiat de six mois sur les sanctions afin de donner aux entreprises le temps nécessaire pour se mettre en conformité sans craindre des pénalités immédiates. La CONECT plaide également pour un accompagnement massif et structuré des petites et moyennes entreprises, qui constituent l’essentiel du tissu économique tunisien et sont les plus vulnérables face à cette transformation digitale.

Le renforcement de l’infrastructure technique constitue le troisième axe des recommandations, la Confédération soulignant que la mise en place réussie de la facturation électronique nécessite des systèmes informatiques robustes et fiables. Le quatrième axe concerne l’équité fiscale, la CONECT appelant à un déploiement progressif et proportionnel aux capacités et à la taille des entreprises afin que cette réforme ne pénalise pas davantage les plus petites structures. Enfin, l’organisation patronale recommande l’instauration d’un système de gouvernance partenariale et d’une évaluation continue pour la mise en place des réformes fiscales en général et de la facture électronique en particulier.

Auteur

S. M.

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