La Banque mondiale anticipe une reprise économique modérée dans la région MENA
La Banque mondiale a publié ce mardi 13 janvier 2026 son rapport Global Economic Prospects (GEP), accompagné de la note régionale dédiée au Moyen-Orient et à l’Afrique du Nord (MENA), ainsi qu’à l’Afghanistan et au Pakistan. Selon l’institution internationale, la croissance régionale devrait atteindre 3,6 % en 2026, avant de s’accélérer légèrement à 3,9 % en 2027.
Malgré cette perspective encourageante, les tensions géopolitiques restent fortes dans plusieurs pays de la région, notamment au Moyen-Orient. Les besoins humanitaires restent critiques à Gaza, en raison de l’insécurité alimentaire et des difficultés d’accès à l’aide. Dans d’autres zones fragiles, comme le Yémen, la réduction de l’aide étrangère met à rude épreuve les systèmes de santé. L’Afghanistan, quant à lui, continue de souffrir de la précarité, aggravée par les retours massifs de populations et le séisme survenu en août 2025.
Cependant, l’activité économique dans la région s’est raffermie, portée par la production pétrolière accrue dans les pays exportateurs et par le dynamisme du secteur privé dans les pays importateurs de pétrole. Les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) enregistrent notamment une croissance solide de l’activité non pétrolière, tandis que la production d’or noir dans les grands pays pétroliers a dépassé les prévisions de 2025.
Par ailleurs, certains pays importateurs de pétrole bénéficient de conditions favorables : en Égypte, la demande privée est stimulée par l’assouplissement des restrictions à l’importation et au change, tandis qu’au Liban, la stabilisation politique soutient la consommation. Des conditions météorologiques favorables ont permis une reprise de la production agricole au Maroc et en Tunisie, alors que le Pakistan voit son activité industrielle rebondir malgré des inondations ayant affecté la production agricole.
Perspectives par sous-région
Pays du CCG : croissance attendue à 4,4 % en 2026 et 4,6 % en 2027, portée par l’essor de l’activité hors hydrocarbures et la hausse de la production pétrolière et gazière.
Pays exportateurs de pétrole non membres du CCG : croissance plus faible, autour de 2 % par an, freinée par le durcissement des restrictions commerciales et la réduction du soutien budgétaire.
Pays importateurs de pétrole : croissance moyenne de 4 % par an, avec des disparités régionales. L’Égypte et le Pakistan devraient connaître un rebond, tandis que le Maroc et la Tunisie pourraient voir leur croissance fléchir.
Économies en situation de fragilité ou de conflit : perspectives très incertaines. Au Liban, la reprise dépendra de l’avancement des réformes, tandis que la Cisjordanie et Gaza pourraient bénéficier d’une reconstruction si elle débute dès 2026.
Risques et opportunités
La Banque mondiale identifie plusieurs risques majeurs pouvant peser sur la croissance : résurgence des conflits, violences, troubles sociaux, resserrement des conditions financières mondiales, volatilité des prix pétroliers, catastrophes naturelles et incertitudes commerciales mondiales. À l’inverse, des gains de productivité technologique et un engagement renforcé pour les réformes structurelles pourraient stimuler la croissance au-delà des prévisions.
En résumé, malgré des fragilités persistantes et des tensions géopolitiques, la région MENA montre des signes de résilience économique, soutenus par les hydrocarbures, l’investissement privé et la reprise de certaines activités agricoles et industrielles.