Question de l’emploi : Un vrai cheval de bataille
On n’a jamais élaboré un plan quinquennal de développement, sans avoir pensé à la question de l’emploi, en tant que priorité nationale.
Par le passé, tout comme aujourd’hui, ce dossier, si brûlant, figure systématiquement à l’ordre du jour du gouvernement, sur fond d’approches de traitement le moins que l’on puisse dire aléatoires et fantaisistes.
Le plan de développement 2026-2030 semble, a priori, beaucoup plus rassurant, où le sens humain et social se taille la part du lion.
La Presse —Certes, depuis les premiers plans de développement engagés à l’aube de l’indépendance, l’emploi des jeunes a été perçu comme un des défis majeurs du progrès social et économique. S’y investir était, alors, un choix d’Etat qui avait manqué tant de moyens pour sa concrétisation. Et jusque-là, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, avec des bilans peu reluisants. Sortir des sentiers battus semble être la moitié de solution.
Chômage endémique !
C’est que, au fil des ans, toute politique d’emploi a dû mal à fonctionner parfaitement. Etant en panne de vrais mécanismes exécutifs, elle avait produit un effet contreproductif, déclencheur de crises du chômage successives. Et puis, ce constat a fait état des sans-emploi, voire des diplômés livrés à eux-mêmes, sous le coup d’un chômage endémique.
Et les cas sont légion : la situation des docteurs chercheurs, des diplômés de l’université, de la formation professionnelle et celle des ouvriers des chantiers avait tant défrayé la chronique. Ce fut un phénomène social qui dure depuis 2012 et qui continue à être aussi banalisé.
Aujourd’hui, le taux de chômage a, légèrement, dépassé 15%, soit plus de 653 mille personnes sans emploi, selon les derniers chiffres de l’Institut national de la statistique (INS). Cela dit, la situation du marché du travail n’a pas trop changé. C’est que les profils des postulants ne correspondent plus souvent aux offres d’emploi et encore moins aux besoins pressants des entreprises en compétences qualifiées.
D’autant plus que l’université tunisienne ne s’ouvre pas sur son environnement, à quelques exceptions près. Peut-être vaut-il mieux réformer l’enseignement et la formation, et les adapter aux nouvelles exigences économiques du marché.
Par ailleurs, la politique d’emploi devrait, ainsi, agir sur une approche globale et multilatérale, puisant dans l’équité, l’égalité des chances et la justice sociale, loin de toute forme d’exclusion et de marginalisation. Certes, l’emploi décent est l’enjeu de toute nation, de par l’impact positif qu’il a sur l’évolution des indicateurs de développement et d’investissement dans la région. Son effet catalyseur sur le bien-être social et humain est aussi évident.
Il était une fois un FNE
Emploi-développement, l’équation est d’autant plus complexe qu’elle incarne le défi de la croissance. Cela veut dire, sans détour, qu’un point de plus dans le PIB est l’équivalent d’environ 20 mille postes d’emploi à pourvoir. Ceci dépend de cela. Soit, d’après les experts, quelque 100 mille emplois exigent, en moyenne, un taux de croissance égale à 5%. Parlons-en ainsi, satisfaire les flux massifs des demandeurs nécessite une remobilisation des moyens censés améliorer leur employabilité.
Il était une fois un Fonds national d l’emploi 21-21, créé il y a maintenant 25 ans. Un fameux FNE, plus connu sous cet acronyme, mais qui n’a jamais su gérer les demandes additionnelles d’emploi.
A preuve, le taux du chômage n’avait pas baissé d’un cran. Situé, actuellement, à 15, 4%, cela n’est guère un exploit ! On se rappelle encore l’annonce faite par l’ex- cheffe du gouvernement, Najla Bouden, lors de sa participation au Sommet de l’OIT sur le monde du travail, de lancer un Fonds de l’emploi et de la jeunesse.
Soit une autre version de l’ancien FNE, afin de financer des projets d’autonomisation économique, soutenir l’entrepreneuriat et divers programmes d’appui à l’emploi. Mais l’idée n’a pas, semble-t-il, fait son chemin.
Et si l’on revient, toujours, sur la question de l’emploi, cela veut dire qu’il y a une volonté politique de lui trouver des solutions appropriées. Justement, le prochain plan quinquennal 2026- 2030 s’inscrit dans cette optique, visant à renforcer le rôle social de l’État, conformément aux priorités de la loi de finances 2026, axées sur la promotion de l’emploi et la réduction du taux de chômage.
D’autant plus que le gouvernement a, d’ailleurs, décidé d’ouvrir des recrutements dans la fonction publique, notamment au profit des diplômés de l’enseignement supérieur et des chômeurs de longue durée, tout en poursuivant la régularisation de la situation des agents contractuels et des ouvriers de chantiers, toutes catégories confondues.
Du reste, la loi n°9 de 2025 du 21 mai 2025 relative à l’organisation des contrats de travail et à l’interdiction de la sous-traitance, ainsi que le décret n° 327 de 2025 du 17 juin 2025 interdisant la sous-traitance dans le secteur public, sont autant d’instruments juridiques censés garantir le droit d’accès à un emploi digne et décent.