Ramadan : Les trois coups approchent
Dans les épiceries et les petites échoppes, c’est plus discret, mais les grandes surfaces ont enrichi leurs décors de fin d’année avec des articles qui nous rappellent que Ramadan est là. On y trouve de tout, et comme si c’était fait pour mettre à l’aise la clientèle, les produits pour lesquels on faisait la queue sont bien là. Le sucre, le café, le riz de différentes provenances, le thé avec l’apparition d’une nouvelle marque, le lait, la semoule, la farine, l’huile d’olive, dont les prix surprennent en cette année de récolte exceptionnelle, etc., sont à portée de main et on ne recommande plus de n’en prendre qu’un. Il est vrai que la clientèle n’en sent pas le besoin.
La Presse —Les files sont assez importantes au niveau des articles ménagers. De belles choses pour ceux qui sont habitués, c’est une tradition tunisienne qui perdure et qui est transmise de mère en fille, pour la rupture du jeûne, ce sera des couverts neufs.
C’est ainsi, et comme la porcelaine tunisienne est réputée et le choix assez vaste, bien des familles profiteront du mois saint pour rénover pour bien recevoir.
Côté ravitaillement, les ménages prévoyants ont déjà fait leurs emplettes en olives, pour les conserver dans une saumure faite maison. Les citrons qui sont vendus à des prix très abordables seront également confits. Pour le simple plaisir de la vue et des palais.
Pour Ramadan, les dattes sont un passage obligé. C’est la tradition. Et là, le naturel est revenu au galop. Pour ce qui concerne la capitale et….les grandes surfaces, qui donnent l’impression d’être coupées du monde. Des dattes, semi-branchées empaquetées à douze dinars le kilo, alors que les points de vente ouverts un peu partout dans les chefs-lieux mettent à la disposition des consommateurs des dattes de qualité supérieure, à des prix oscillant entre huit et neuf dinars.
C’est la raison pour laquelle la mise en place de ces points de vente, que les groupements professionnels ont pris la bonne initiative d’organiser un peu partout, constitue, un excellent moyen de briser la chaîne de la spéculation.
A l’Ariana que nous avions donné en exemple il y a quelques semaines, ce produit est revenu à des sommets inacceptables.
Reste l’aspect hygiène, en prévision du mois de Ramadan qui enregistre des reconversions d’activités difficiles à accepter et qui donnera du fil à retordre aux services de contrôle.
Les dérivés du lait comme le beurre, le petit lait, le «testouri», ce genre de fromage à pâte fraîche et crue, la ricotta et autres produits, que l’on jurera qu’ils proviennent du terroir, mais qui ont été confectionnés au fond de la boutique, il faudrait s’en méfier.
Déjà les prix ont été annoncés et ceux du makroudh, de la zlebia et des mkahrek, ont grimpé par rapport à l’année dernière. Pourtant, il semble que farine, semoule, sucre, huile de mélange et de friture et sucre n’ont pas augmenté.
Cette année, il semble que les soldes seront un peu plus animés. Les magasins ont commencé à enjoliver leurs vitrines. Il y a un peu plus de lumière et de dispositions pour assurer leur réussite.
Les mosquées ne ratent pas cette occasion et pour bon nombre d’entre elles, les responsables des lieux repeignent les clôtures et même les minarets. D’autres installent des écrans à l’intérieur des salles de prières, alors que d’autres encore, changent les tapis, installent des fontaines et affichent leurs programmes pour les veillées studieuses.
«Le printemps coïncide cette année avec les fêtes et le changement radical de la saison. C’est un argument de vente pour tout ce qui est habillement.
Mais tout tient au choix que l’on fera du côté des commerçants. De vrais soldes ou les rafistolages habituels, qui ont été à la base de la perte de confiance de la clientèle», a laissé tomber le propriétaire d’un grand commerce de prêt-à-porter de l’Avenue.
De toutes les manières, on ressent cette ambiance unique de Ramadan qui mobilise tous les secteurs de la vie courante. Et chacun s’y prépare à sa façon. Selon la bourse dont il dispose et en respect total de ces solides traditions qui consolident et resserrent les liens
Ramadan fait le bonheur de nombre de nos concitoyens établis à l’étranger qui seront de retour pour retrouver cette ambiance de fête et de piété que les Tunisiennes et les Tunisiens vivent en ce mois, dans une harmonie exceptionnelle.