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Dahmani : »des solutions urgentes sont nécessaires pour sauver les caisses sociales »

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  • 15 janvier 16:23
  • 3 min de lecture
Dahmani : »des solutions urgentes sont nécessaires pour sauver les caisses sociales »

Invité, aujourd’hui, sur les ondes de la radio, l’expert en sécurité sociale, Hédi Dahmani est revenu sur la situation critique des caisses sociales, et plus particulièrement de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM), marquée par une crise persistante avec les prestataires de santé. Cette intervention fait suite à la récente rencontre entre le président de la République et le ministre des Affaires sociales.

Hédi Dahmani a débuté son intervention en saluant la décision de reprendre le système du « tiers payant » avec les pharmacies privées. Il a estimé que l’interruption de cet accord avait gravement porté préjudice aux assurés sociaux ainsi qu’aux pharmaciens.

Il a attribué ce conflit à une accumulation de retards et à une absence de prises de décisions au moment opportun. « Depuis octobre dernier, nous traînons cette suspension de convention, ce qui est un choix dangereux pour la santé des assurés et de la collectivité », a-t-il précisé.

L’expert a apporté des précisions chiffrées sur l’ampleur du problème et a expliqué que le système du « tiers payant » concerne environ 10 % des assurés (soit 300 000 personnes), ajoutant que la dette de la CNAM envers ces assurés s’élève à 200 millions de dinars et que le passage forcé au système de remboursement des frais a fait exploser les délais d’attente : de 21 jours habituellement, ils atteignent désormais 6 mois pour les assurés et 190 jours pour les pharmaciens.

Réagissant au communiqué du syndicat des pharmaciens, il a souligné que ces derniers n’ont pas donné de « chèque en blanc » au ministère, mais exigent un engagement ferme pour que la CNAM honore ses versements mensuels à l’avenir.

Pour Hédi Dahmani, la CNAM est le maillon faible du système car elle est restée un « projet inachevé » depuis sa création en 2004. Le défi de conjuguer secteurs public et privé reste immense, d’autant plus que la caisse manque de mécanismes de recouvrement efficaces.

Il a également pointé du doigt la fragilité du système des retraites, en déficit structurel depuis 1985. Pour assurer le versement des pensions (qui dépassent les 1 000 milliards par mois), les caisses de sécurité sociale (CNSS et CNRPS) sont contraintes d’emprunter auprès de la CNAM, créant ainsi une spirale d’endettement interne.

L’expert s’est dit profondément surpris par l’absence de direction à la tête des caisses de sécurité sociale et de retraite. Ce vide managérial, qui dure depuis plus de 16 mois, a bloqué environ 400 milliards de dinars de fonds « suspendus ». En effet, seul un PDG est habilité à signer les titres de perception et de contrainte pour recouvrer les impayés.

Selon l’invité de l’émission radio, le diagnostic est clair et appelle des réformes stratégiques, à savoir  assurer la pérennité du système sur une génération professionnelle (30 ans) tout en protégeant les droits acquis. Dahmani préconise notamment de séparer strictement la gestion des pensions de retraite de celle de l’assurance maladie pour garantir une meilleure efficacité et une transparence des compétences.

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Auteur

La Presse

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