Facturation électronique : Un outil essentiel pour booster la compétitivité
La facturation électronique s’impose aujourd’hui comme un outil central pour moderniser le système économique et fiscal tunisien. Elle représente un levier stratégique pour la compétitivité des entreprises, en leur offrant des gains significatifs de productivité, une réduction des coûts opérationnels et une sécurité accrue dans la gestion des transactions.
Kais Fekih, expert-comptable en Tunisie et en France et propriétaire des plateformes Facture-Tunisie et Paie-Tunisie, spécialisées dans la digitalisation de la facturation, de la paie et des obligations fiscales en Tunisie et au Maroc, attire l’attention sur ce sujet.
La Presse — La facturation électronique constitue une innovation majeure pour moderniser le système fiscal tunisien et soutenir la croissance économique dans un contexte de marché de plus en plus exigeant et concurrentiel. À ce titre, Kais Fekih, expert-comptable en Tunisie et en France et propriétaire des plateformes Facture-Tunisie et Paie-Tunisie, spécialisées dans la digitalisation de la facturation, de la paie et des obligations fiscales en Tunisie et au Maroc, a déclaré que cette transition numérique n’est plus une option, mais une véritable nécessité pour les entreprises tunisiennes. Selon lui, «la facturation électronique permet de rationaliser les processus, de sécuriser les opérations comptables et de renforcer la compétitivité sur un marché de plus en plus exigeant».
En pratique, la facturation électronique réduit considérablement les dépenses liées à l’impression, à l’archivage et au traitement manuel des factures, tout en limitant les erreurs et les litiges. L’automatisation des processus comptables accélère les cycles de facturation et de paiement, améliore la productivité et sécurise les transactions, tout en offrant aux entreprises un avantage opérationnel tangible dans un environnement concurrentiel. Sur le plan de la transparence fiscale, elle instaure une traçabilité complète et fiable des opérations.
Chaque transaction est horodatée, sécurisée et vérifiable, elle renforce ainsi l’équité entre les opérateurs économiques et limite les pratiques frauduleuses. Fekih souligne également que la facturation électronique contribue à la lutte contre l’économie informelle, en réduisant les zones d’opacité dans les échanges commerciaux et en facilitant l’intégration progressive des activités informelles dans le circuit légal, sans accroître la pression fiscale sur les entreprises déjà conformes.
Malgré ses bénéfices, l’adoption de la facturation électronique demeure un défi, en particulier pour les PME. Ces obstacles sont multiples : techniques, en raison du manque d’outils adaptés ou de compétences internes limitées ; organisationnels, liés à la résistance au changement et à la réorganisation des processus internes, institutionnels, liés à la préparation de l’environnement réglementaire et à la coordination entre les plateformes publiques et les entreprises.
L’expert-comptable insiste sur la nécessité de renforcer les infrastructures et la capacité opérationnelle des plateformes publiques, telles que la TTN et l’Ance, et de simplifier les processus d’adhésion, d’habilitation et d’intégration, qui sont aujourd’hui perçus comme complexes et contraignants.
Selon lui, «il est indispensable de proposer des solutions interopérables, accessibles et économiquement adaptées, tout en accompagnant les entreprises à chaque étape du processus, afin de garantir l’adhésion et l’efficacité». L’expert ajoute que la mise en œuvre progressive tient compte de la taille et du secteur d’activité des entreprises, ainsi qu’une communication orientée vers les bénéfices pratiques plutôt que la seule obligation réglementaire, sont des leviers essentiels pour accélérer la transition numérique et maximiser les gains pour le tissu économique tunisien.
Un outil de modernisation et de confiance
Au-delà de la simplification des processus, la facturation électronique constitue un véritable levier de modernisation du système fiscal tunisien. Elle améliore la collecte des recettes fiscales, offre une meilleure visibilité sur les flux économiques réels et réduit les risques d’évasion. Elle simplifie également les obligations déclaratives grâce à l’automatisation des données et à une meilleure cohérence entre facturation, déclarations et contrôles.
Cette approche augmente la fiabilité des chiffres d’affaires déclarés, limite les contestations entre entreprises et administration fiscale, et réduit le contentieux. Enfin, lorsqu’elle est déployée de manière progressive, transparente et pédagogique, la facturation électronique instaure une relation de confiance durable entre les entreprises et l’administration fiscale.
Kais Fekih rappelle que cette technologie doit être perçue comme «un outil d’équité, de sécurité juridique et de compétitivité économique, et non comme un simple instrument de contrôle». Ainsi, la facturation électronique, lorsqu’elle est accompagnée de solutions adaptées et d’un soutien technique et pédagogique, devient un moteur de croissance pour les entreprises tunisiennes et un levier stratégique pour renforcer la modernisation et la résilience du système fiscal.