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Tunisie, monde arabe, planète : ce que révèle la nouvelle cartographie des risques

  • 15 janvier 17:18
  • 4 min de lecture
Tunisie, monde arabe, planète : ce que révèle la nouvelle cartographie des risques

En Tunisie, l’année 2026 s’ouvre sur une hiérarchie des inquiétudes dominée par l’urgence sociale et économique. Selon l’enquête nationale menée par l’IACE, partenaire officiel du World Economic Forum, la principale menace perçue est l’insuffisance des opportunités économiques et le chômage. Vient ensuite la faiblesse des services publics et des mécanismes de protection sociale.

Ce classement marque une inflexion nette. Contrairement aux années précédentes, les risques environnementaux disparaissent totalement des priorités tunisiennes. L’inflation, présente dans les préoccupations depuis 2023, demeure toutefois au cinquième rang.

Cette photographie traduit une société absorbée par ses fragilités structurelles immédiates, où l’accès à l’emploi, aux soins et aux services de base prime sur les enjeux climatiques.

Cette perception nationale contraste avec celle observée à l’échelle mondiale dans la 21ᵉ édition du Global Risks Report du World Economic Forum, publiée le 14 janvier 2026. Fondée sur une enquête menée entre mars et juin 2025 auprès de 1 300 dirigeants et experts internationaux, l’étude place la confrontation géoéconomique en tête des menaces pour l’année à venir. Elle est citée par 18 % des répondants. Les conflits armés entre États suivent avec 14 %, confirmant la domination des risques géopolitiques dans l’horizon immédiat des décideurs.

Les événements météorologiques extrêmes complètent le trio de tête avec 8 % des réponses. La polarisation sociétale et la désinformation arrivent ensuite, chacune recueillant 7 % des mentions. Le monde se perçoit ainsi pris dans un étau où s’entremêlent rivalités entre puissances, fragilisation des sociétés et dérèglement climatique.

L’intérêt majeur du rapport réside dans sa projection temporelle. En distinguant plusieurs horizons, il révèle un basculement profond des priorités. Si les tensions géopolitiques dominent le court terme, l’horizon 2036 est largement occupé par les risques environnementaux. Les événements climatiques extrêmes, la perte de biodiversité et les changements critiques des systèmes terrestres s’imposent alors comme les principales menaces pour la stabilité mondiale. La guerre inquiète aujourd’hui, mais c’est l’état de la planète qui menace durablement l’avenir.

Dans le monde arabe, l’analyse des neuf pays interrogés, parmi lesquels la Tunisie, le Maroc, l’Algérie, l’Égypte, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, le Qatar, la Jordanie et l’Irak, met en évidence une forte convergence autour des risques économiques et sociétaux. L’inflation figure dans le top cinq de la majorité des pays. Des nuances apparaissent toutefois. Le Maroc place la pénurie d’eau et d’aliments parmi ses priorités. L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis intègrent les effets négatifs de l’intelligence artificielle dans leurs premières inquiétudes. Le Qatar se distingue par son attention portée aux conflits entre États et aux risques biologiques, chimiques ou nucléaires.

Le rapport s’appuie sur un échantillon composé de 60 % d’hommes et 40 % de femmes, dont 38 % de professionnels, 24 % d’universitaires et 10 % de membres gouvernementaux. La tranche d’âge des 40 à 59 ans représente 55 % des répondants, avec une forte concentration en Europe, qui regroupe 37,3 % de l’échantillon.

Au total, 34 risques sont classés en cinq grandes catégories économiques, environnementales, géopolitiques, technologiques et sociétales. L’objectif n’est pas seulement descriptif. Le WEF entend fournir aux décideurs une boussole stratégique, capable d’articuler les urgences du présent avec les menaces de long terme.

Auteur

S. M.

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