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Editorial

Dans la besace des douanes

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  • 16 janvier 09:50
  • 3 min de lecture
Dans la besace des douanes

Chargées comme palmarès pour l’année 2025, les belles prises dans la besace des douanes en matière de contrebande ne cessent de nous enchanter. Elles rassurent surtout. Car derrière les chiffres froids et les communiqués administratifs se joue une bataille autrement plus vitale: celle de la sécurité sanitaire, économique et sociale d’un pays que certains rêvent de transformer en simple corridor de trafics et de poisons.

Les résultats dévoilés par la Douane tunisienne ne sont pas anecdotiques. Ils dessinent les contours d’un État en vigilance renforcée, conscient que les frontières ne sont plus de simples lignes sur une carte, mais des fronts avancés contre des réseaux organisés, patients et inventifs. Plus de 580 millions de dinars de marchandises de contrebande saisies en une seule année : c’est autant de produits dangereux, frauduleux ou mortifères qui n’atteindront ni nos marchés ni nos foyers.

Car la contrebande n’est jamais innocente. Derrière un comprimé stupéfiant, un médicament détourné ou une denrée alimentaire avariée, il y a des vies exposées, des familles mises en danger, une santé publique fragilisée. Les 64.000 comprimés psychotropes, les substances narcotiques, les tonnes de produits alimentaires illicites interceptés sont autant de bombes à retardement désamorcées avant l’explosion silencieuse.

La douane, trop souvent cantonnée à une image bureaucratique, apparaît ici pour ce qu’elle est réellement : une force de sécurité nationale à part entière. Les 33.618 patrouilles menées sur l’ensemble du territoire traduisent un quadrillage méthodique, une présence continue, parfois dans des zones hostiles, souvent au prix d’efforts humains considérables. La saisie des moyens de transport utilisés par les contrebandiers envoie, elle aussi, un message clair : le crime ne circulera plus en toute impunité.

Plus significatif encore est le spectre des produits interceptés : or, devises, médicaments, cigarettes, pièces de rechange, téléphones. Autant de filières qui nourrissent l’économie parallèle, privent l’État de ressources et minent la confiance dans les circuits légaux. En s’attaquant à ces flux, l’État tunisien ne protège pas seulement ses frontières ; il défend sa souveraineté économique et la santé de son marché intérieur.

Dans un contexte régional instable, où les trafiquants de tout acabit cherchent des failles comme l’eau cherche la moindre fissure, la Tunisie refuse de devenir une passoire. Cette fermeté n’est ni un slogan ni un réflexe sécuritaire aveugle : elle est une nécessité vitale. Les agents de la douane, souvent dans l’ombre, mènent une guerre discrète mais décisive, au bénéfice direct du citoyen.

Au final, ces saisies ne sont pas de simples trophées. Elles sont la preuve tangible qu’un État vigilant reste le dernier rempart entre la société et le chaos des trafics. Et dans cette guerre sans uniforme, chaque cargaison interceptée est une victoire pour la santé, la sécurité et la dignité des Tunisiens.

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Auteur

Salem Trabelsi

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