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Riadh Sidaoui : « L’Iran n’est pas un pays facile, il est très bien préparé »

  • 16 janvier 14:02
  • 3 min de lecture
Riadh Sidaoui : « L’Iran n’est pas un pays facile, il est très bien préparé »

Téhéran dans le viseur de Washington ? Pour Riadh Sidaoui, directeur du CARPS, toute intervention militaire américaine en Iran risque de se transformer en bourbier. Contrairement au Venezuela, la République islamique dispose des moyens de riposter.

L’opération vénézuélienne – bombardements et enlèvement du président  a démontré le mépris de Trump pour le droit international. « Il se fout totalement des droits internationaux », tranche le politologue tunisien lors de son intervention en direct sur RT france. Ce précédent ouvre la voie à d’autres aventures militaires. Mais l’Iran n’est pas le Venezuela.

Avec 90 millions d’habitants et des armées révolutionnaires attachées au régime né de la révolution de 1979, l’Iran représente un défi autrement plus complexe. « Le pays est très bien préparé », insiste Sidaoui, citant les récentes tensions qui ont révélé les capacités de riposte de Téhéran.

L’Iran dispose de missiles balistiques capables d’atteindre toutes les bases américaines du Golfe. Lors des bombardements par B-2 américains, Téhéran a directement visé la base d’Al-Udeid au Qatar. Un précédent qui illustre sa détermination.

Qatar, Turquie, Émirats, Arabie saoudite : autant de pays hébergeant des installations militaires américaines. Malgré le réchauffement diplomatique entre Téhéran et Riyad orchestré par Pékin, ces États ne contrôlent pas leur destin. « Ils ne peuvent pas décider du sort de la guerre », constate Sidaoui. Toute frappe lancée depuis leurs bases déclencherait une riposte iranienne.

Oui, des manifestations secouent l’Iran et le rial s’est effondré de 300 %. Mais Sidaoui contextualise : « En France, la répression des Gilets jaunes était affreuse. Aux États-Unis aussi, des citoyens sont décédés pendant des manifestations. » La dévaluation monétaire résulte de l’embargo occidental, et face aux contestataires existent aussi des « manifestations gigantesques » pro-régime.

Membre des BRICS, allié de Moscou et premier fournisseur pétrolier de Pékin (90 % des exportations), l’Iran a construit un réseau de protection. « Une agression contre l’Iran visant le changement de régime, c’est une agression contre les BRICS, contre les intérêts russes et chinois », avertit l’expert.

Washington ne s’attaquerait pas seulement à un pays régional, mais défierait l’axe des puissances contestataires de l’ordre américain. D’où le pronostic de Sidaoui : « L’Iran pourrait devenir le deuxième Vietnam américain. La résistance iranienne pourrait freiner ce processus. » Un enlisement prévisible face à un pays organisé, déterminé et soutenu par des alliés de poids.

Auteur

S. M.

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