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Intelligence artificielle : Une carte maîtresse pour la croissance tunisienne

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  • 17 janvier 18:30
  • 5 min de lecture
Intelligence artificielle : Une carte maîtresse pour la croissance tunisienne

L’intelligence artificielle apparaît comme un levier essentiel pour renforcer l’économie tunisienne face aux mutations technologiques rapides. Elle permet de valoriser le capital humain, de moderniser les secteurs clés et de réduire les inégalités territoriales. Son développement nécessite un investissement simultané dans la formation des talents, les infrastructures numériques et la coopération entre universités, entreprises et pouvoirs publics.

L’intelligence artificielle (IA) constitue aujourd’hui une opportunité sans précédent pour la Tunisie, et ce, pour plusieurs raisons, a déclaré Amina Bouzguenda Zeghal, directrice générale de « Dauphine Tunis ». Elle permet de valoriser un capital humain qualifié, notamment dans les domaines des mathématiques, de l’ingénierie et du numérique, tout en accélérant la transformation digitale de secteurs clés, tels que la santé, la finance ou l’administration publique.

L’IA favorise également l’émergence de startups innovantes à forte valeur ajoutée, elle offre ainsi des perspectives concrètes de croissance économique durable et de montée en compétitivité à l’échelle régionale et africaine.

Réduire les fractures territoriales

« Pour se positionner comme un acteur crédible de l’IA à l’international, il est indispensable de former les talents tunisiens et africains via des programmes adaptés aux besoins réels du marché. Nos formations s’appuient sur l’excellence académique de l’Université “ Paris Dauphine-PSL ” et sur ses laboratoires spécialisés.

Parmi eux, le laboratoire d’analyses et de modélisation de systèmes d’aide à la décision “ Lamsade ”, explore l’aide à la décision, l’optimisation et les sciences des données, tandis que le Centre de recherche en mathématiques de la décision “ Ceremade ” travaille sur les fondements mathématiques essentiels à l’IA », a affirmé Amina Bouzguenda Zeghal. Cette collaboration permet, selon elle, aussi de mobiliser des formateurs experts, où la région souffre d’une pénurie d’enseignants spécialisés.

Elle explique : « Grâce à cette approche, nous formons chaque année un vivier de compétences tunisiennes et africaines, prêtes à s’insérer rapidement sur le marché du travail. Si certains diplômés choisissent de travailler à l’étranger, ils acquièrent de l’expérience avant de revenir enrichis de nouvelles compétences, au service d’un écosystème local durable ».

Pour Amina Bouzguenda Zeghal, l’IA peut devenir un véritable levier de développement inclusif pour toutes les régions de Tunisie. Cela suppose des politiques volontaristes permettant de réduire les fractures territoriales et de garantir une inclusion numérique équitable. L’extension de la fibre optique, de la 5G et des solutions satellitaires dans les zones rurales constitue une priorité, appuyée par des partenariats avec le secteur privé. Parallèlement, la création de centres de compétences « fab labs », « data labs » ou centres de formation permet de former les talents et de stimuler l’innovation territoriale.

Cette dynamique favorise l’émergence de startups et de solutions d’IA adaptées aux besoins spécifiques des territoires : agriculture intelligente, gestion de l’eau, santé de proximité ou services publics. Elle génère une demande locale de compétences numériques et des retombées économiques directes, tout en renforçant l’intégration de l’IA dans les services publics régionaux, notamment l’éducation et la santé.

Un écosystème fondé sur la coopération

La directrice générale insiste sur la coopération entre entreprises, universités et institutions publiques comme pilier de cette dynamique. Le secteur privé finance la formation et soutient des partenariats avec les universités, allant parfois jusqu’au cofinancement de laboratoires ou à l’accompagnement de startups locales en IA. Cette complémentarité crée un vivier de talents compétitifs et innovants.

Les pouvoirs publics complètent ce dispositif en fournissant un cadre réglementaire clair et des infrastructures performantes. Les partenariats public-privé (PPP) constituent un levier stratégique, permettant de mutualiser les ressources et les risques, de financer des infrastructures coûteuses, telles que centres de données ou plateformes cloud, et d’accélérer la formation grâce à l’expertise des entreprises combinée à la rigueur académique des universités.

Les startups et projets IA bénéficient ainsi d’un soutien financier et technique et répondent à des besoins publics ou régionaux.

Au final, la Tunisie peut générer un impact économique durable : les talents formés participent à l’innovation locale, les startups et solutions IA se développent et s’exportent, et le pays s’affirme progressivement comme hub régional de l’économie numérique.

Plus les compétences se développent, plus les innovations locales prospèrent et renforcent la position de la Tunisie, a conclu Amina Bouzguenda Zeghal.

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Auteur

Sabrine AHMED

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