A Beit Al-Hikma : Histoire et cinéma revisitent l’abolition de l’esclavage en Tunisie
A travers une conférence historique et la projection d’un film documentaire, l’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts Beit al-Hikma propose, vendredi 23 janvier 2026 à Tunis, un éclairage approfondi sur l’abolition de l’esclavage et l’élan réformiste du XIXe siècle, moment décisif qui a fait de la Tunisie une pionnière dans l’espace arabo-musulman.
La Presse — L’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts Beit al-Hikma organise, le vendredi 23 janvier 2026 à 15h00, une rencontre culturelle et historique consacrée à l’abolition de l’esclavage et aux réformes engagées en Tunisie au XIXe siècle. Accueillie au Palais de l’Académie à Carthage Hannibal, cette manifestation ambitionne de revisiter une période charnière de l’histoire nationale, à la croisée des mutations politiques, sociales et intellectuelles.
La rencontre s’ouvrira par une conférence du professeur Abdelhamid Henia, intitulée «L’exception tunisienne sous le règne d’Ahmed Bey (1837-1855) et son équipe réformiste (islahiste) ». L’intervention mettra en lumière le contexte et les enjeux des réformes entreprises sous Ahmed Bey, soulignant le rôle décisif d’une élite réformatrice qui a permis à la Tunisie de se distinguer précocement dans le monde arabo-musulman par des choix politiques audacieux et novateurs.
La conférence sera suivie de la projection du film documentaire « La Liberté en acte» du réalisateur Hichem Ben Ammar. Le film revient sur l’abolition officielle de l’esclavage en Tunisie en 1846, faisant du pays le premier État du monde arabo-musulman à franchir ce pas historique. A partir d’archives, de documents iconographiques et de témoignages contemporains, le documentaire explore les dimensions politiques, économiques et théologiques de cette décision pionnière, tout en interrogeant ses résonances dans le présent.
A travers une écriture cinématographique à la fois sensible et épurée, « La Liberté en acte » redonne chair à une histoire longtemps marginalisée. Images d’archives, peintures, gravures, cartes animées et paroles d’aujourd’hui se répondent pour faire émerger les figures oubliées, les résistances silencieuses et les héritages toujours vivants de cette abolition. Entre rigueur historique et poésie visuelle, le film éclaire une page méconnue de l’histoire tunisienne et l’inscrit dans une réflexion universelle sur la liberté, la dignité et la mémoire.