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Société

Chroniques de la Byrsa : Dans les méandres des « Zriba » III

  • 18 janvier 19:00
  • 4 min de lecture
Chroniques de la Byrsa : Dans les méandres des « Zriba » III

Nous avons vu dans les deux précédentes livraisons la genèse des «Zriba», localités au Sud de la ville de Zaghouan issues d’un même ancêtre, Zriba-Haut (le Zriba « Olia » de bureaucrates (ir)responsables et incultes).

Zriba-Haut, comme son nom l’indique, est un village perché à 715 mètres d’altitude, blotti entre deux pics dans le versant sud des monts Zaghouan. Il domine une vaste dépression qui s’étend du littoral hammametois jusqu’à Kairouan. Cette bourgade a été aménagée pour mettre la population berbère de l’endroit hors de portée des hordes pillardes qui sévissaient en plaine.

Suite à des pluies diluviennes et ravageuses du début des années 70 du siècle passé, les autorités ont transféré la population en plaine (l’actuel Zriba administratif, limitrophe de la station thermale de Hammam Zriba). Déserté, Zriba-Haut est resté  à l’abandon des décennies durant. Et risquait de disparaître à tout jamais.

Ces dernières années, le village a connu un regain d’intérêt qui a amené certains de ses anciens habitants à y retourner épisodiquement pour y organiser des événements à caractère promotionnel culturels ou sportifs (randonnées, trekking, etc.) et pour stimuler le flux de visiteurs de plus en plus nombreux venant à la découverte de ce site d’exception.

L’un ou l’autre de ces pionniers a eu l’idée de restaurer la maison familiale et d’y installer qui un point de vente d’articles en guise de souvenirs tels les cristaux, abondants dans la région, ou des articles d’artisanat. Bref, une vie embryonnaire s’y développe au rythme du grossissement du flux touristique.

Des produits plus élaborés sont désormais proposés aux visiteurs, en particulier dans le domaine de l’accueil avec l’ouverture d’un café-restaurant. Ici ou là, des travaux sont engagés pour la réfection de locaux en vue de les mettre au service du tourisme naissant dans la localité.

Somme toute, tout va pour le mieux. Et c’est tant mieux. Sauf qu’il arrive ce qui arrive à tous les endroits dont le développement est laissé à l’appréciation des initiatives non encadrées : un désordre qui va grossissant et qui est préjudiciable à l’harmonie originelle de la localité quand elle était habitée et gérée par un ordre consensuel en matière de gestion des espaces publics.

Des méfaits et des lacunes

D’abord, il y a lieu de souligner l’intervention intempestive d’une ancienne déléguée qui a décidé de rénover le mausolée de Sidi Abdelkader, nombril séculaire de la bourgade, dont elle a fait revêtir les murs intérieurs de carrelages de très mauvais goût, altérant ainsi l’authenticité du monument dont elle a dégarni le dessus de la coupole de ses vieilles tuiles vertes vernissées pour les remplacer par des neuves… seulement sur la moitié inférieure de l’ouvrage ! Travail à contre emploi et inachevé. L’ Administration réparera-t-elle ses propres nuisances ?

Cette même Administration, responsable de tout le périmètre sous sa tutelle, s’avisera-t-elle de faire transférer ailleurs (et il y a d’immenses espaces pour ça) les panneaux solaires inopportunément adossés au mausolée pour sauvegarder ce qu’il reste de l’harmonie des lieux ?

Enfin, le parcours emprunté par les visiteurs est (déjà) jonché de détritus (les immondes sachets en plastic, les pots de yaourt, les bouteilles en plastic, etc.) Et là, ce n’est pas l’Administration que nous interpellons. Tous ceux qui ont quelque intérêt à préserver le site pour qu’il continue à donner des fruits (les commerçants et autres opérateurs sur place) se doivent de veiller à la propreté des lieux soit en installant poubelles et pancartes pour rappeler aux visiteurs le devoir de respect de l’environnement ; soit en cotisant pour s’assurer le concours d’un préposé à l’hygiène qui parcourt sans cesse le circuit emprunté par les visiteurs et le maintient  en état de propreté.

Ce n’est pas chicaner en évoquant ces points noirs. C’est une mise en garde contre des risques réels de dépréciation d’un produit hautement prometteur. Nous le disions la semaine dernière : Attention de ne pas tuer la poule aux œufs d’or.

Auteur

Tahar Ayachi

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