Comment réussir la sensibilisation sur la lutte contre toutes les formes de violence faites aux personnes vulnérables, notamment les femmes, les mineurs, les personnes âgées et les personnes à besoins spécifiques ou en situation de handicap ?
La Presse — Il devient difficile, de nos jours, d’attirer l’attention du public, notamment de la génération Z, sur des thématiques sur fond de valeurs, de discipline et de self contrôl en usant de discours conventionnels et de tirades à couper le souffle. C’est que les centres d’intérêt des jeunes générations et des adolescents en particulier ont bien changé.
L’aptitude même à recevoir des conseils et des consignes n’est plus la même. Nous sommes souvent face à des comportements répulsifs envers tout ce qui est conventionnel, non pas par hostilité mais par principe qu’impliquent l’ici et le maintenant. L’heure est à l’avancée technologique, à l’IA et à cette interactivité entre les jeunes et le monde numérique et virtuel. Ce dernier semble coller plus à la réalité qu’autres techniques de messages de sensibilisation et d’information.
Violence versus art et science
Partant de ce principe et usant de plusieurs techniques innovantes et attractives, l’Office national de la famille et de la population (Onfp) a exposé un phénomène social qui menace la cohésion familiale et y déclenche des crises de confiance et d’harmonie parfois irréversibles qui n’est autre que la violence faite aux femmes.
Pour ce, un évènement fut organisé le mois dernier, dans le cadre des seize jours d’activisme contre la violence faite aux femmes et aux filles et du projet Sila de lutte contre les violences basées sur le genre en Tunisie. En effet, un exposé, intitulé Musée Pop-up de lutte contre la violence basée sur le genre, fut implanté à la Cité des sciences de Tunis. L’évènement a réussi à impliquer les visiteurs dans une expérience nouvelle, qui allie sensibilisation, technologie et art pour la bonne cause.
Guidé par la narration mais aussi par des technologies qu’il privilégie comme les écrans tactiles, la réalité augmentée, les installations immersives, les contenus numériques courts et les filtres AR, le public a suivi l’acheminement dangereux et destructeur de la violence, depuis les stéréotypes et jusqu’à la nuisance proprement dite.
Tout au long de ce parcours, des produits artistiques ont servi ce travail de dénonciation et de sensibilisation via des angles de réflexion bien ciblés et des moyens novateurs dont des projections de films engagés, des ateliers de dialogue en Ted Talks et autres ateliers artistiques.
Expérience vécue, message reçu
Tous les moyens précités ont apporté l’alternative en matière de sensibilisation. Et en suivant ce parcours, les visiteurs ont beaucoup appris sur les différentes formes de violence basée sur le genre et leurs retombées psychologiques, sociales, physiques, etc. Au musée Pop-up sur les violences à l’égard des femmes et des filles, la technique de sensibilisation s’avère plus efficiente car participative.
Le public observe, remarque, comprend, dénigre, réfute, prend la décision de lutter contre le phénomène et s’engage à passer à l’action antiviolence, d’où l’efficacité prouvée d’une telle approche.
Cette expérience n’en est qu’un exemple pertinent, une technique à adopter pour que les différents projets de sensibilisations puissent trouver une oreille attentive chez les jeunes générations et un engagement certain.
C’est sur les jeunes générations que l’on doit compter le plus pour faire face à la violence, à la stéréotypie, voire à la criminalité.