Kairouan – Musée national des arts islamiques de raqqada : Des bijoux en or rarissimes
La Presse — Les salles aménagées du Musée des arts islamiques de Raqqada rendent compte du brillant passé de la ville des Aghlabides et permettent aux visiteurs d’admirer de belles collections de monnaies, de céramiques, de verreries, de pages du Coran, de bronze et de bijoux en or et en argent…
Et parmi les bijoux qui fascinent, on peut citer un bracelet en argent provenant d’Egypte ou de Syrie et dont le décor en relief granulé est en forme de triangle, ce qui est très caractéristique de l’ornementation des bijoux fatimides.
En outre, on admire un pendant en argent qui comporte un motif sphérique en filigrane d’une grande finesse, et qui est sans doute de fabrication syrienne ou égyptienne, avec une épaisseur de 1,3 cm et un diamètre de 3,3 cm.
Deux boucles d’oreilles qui perpétuent la technique du filigrane
Et parmi les bijoux en or qui fascinent, on trouve deux boucles d’oreilles en or martelé, soudé, de forme polylobée.
Chaque bijou est composé de sept petites boîtes en forme de croissant. Les boîtes aplaties sont toutes cernées d’un fil torsadé et agencées en arc de cercle. Les deux boîtes visibles de chaque côté du pendant sont chacune ornées de cinq rouelles cernées d’un fil torsadé.
Quant à l’anneau de suspension, en forme de fer à cheval, il est dépourvu de décor.
Dr Mourad Rammah, président de l’Association de sauvegarde de la Médina de Kairouan, nous précise dans ce contexte que bien que les objets en or soient rarissimes, ces deux boucles datant du Xe siècle s’apparentent par leur forme et leur décor à des bijoux d’origine hispano-mauresque : «En fait, elles perpétuent la technique du filigrane qui caractérise un nombre considérable de bijoux espagnols du Xe au XVe siècle.
Cependant, bien que leur décor soit moins raffiné, ces pendants offrent quelques similitudes avec des boucles d’oreilles trouvées en Egypte, en Syrie et en Iran, datant du XIIe au XIIIe siècle», ajoute Dr Rammah.