La souveraineté consacrée au Bardo
AUJOURD’HUI, lundi 19 janvier, un événement d’une grande importance se déroule à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) au Palais du Bardo. Il s’agit, en effet, d’une séance plénière qui sera consacrée à l’élection, par les députés, des membres et des présidents des commissions parlementaires législatives permanentes durant la présente session parlementaire.
C’est-à-dire, en plus clair, aujourd’hui on saura qui seront les députés appelés à discuter les initiatives législatives soumises par les Palais de Carthage ou de La Kasbah et également par les députés eux-mêmes et à discuter de leur passage devant la séance plénière pour être votées et devenir des lois ou être rejetées par les membres des commissions spécialisées.
Dans les démocraties ancrées dans les pratiques parlementaires, la journée consacrée à l’élection des commissions permanentes, plus particulièrement le choix de leurs présidents qui conservent souvent ce poste pour plus d’une session parlementaire, est considérée comme un instant décisif dans le parcours aussi bien du gouvernement, de la présidence de la République que du Parlement lui-même.
Puisque la composition de ces commissions permanentes et surtout la nature et les orientations de leurs présidents, voire parfois de leurs rapporteurs, influent sur le paysage politique durant le mandat en cours et ont un rôle très important dans la réussite ou l’échec des politiques générales du pays.
Même au cas où tous les députés appartiendraient à un même parti ou se déclareraient indépendants comme c’est le cas pour une grande majorité des députés tunisiens actuels, dont une large proportion ne savait même pas avant la révolution et le processus du 25 juillet où se trouvait le siège du Parlement.
Sauf qu’en Tunisie, et grâce à la vision prospective du Président Kaïs Saïed et à sa démarche singulière de gérer les affaires du pays, de réhabiliter l’acte politique et de réconcilier les Tunisiens avec le Palais du Bardo porteur d’une symbolique historique sujette à une polémique qui ne s’estompera jamais, la pratique parlementaire est aujourd’hui un moment que les Tunisiens attendent avec impatience pour exercer pleinement et sereinement, à travers leurs représentants, leur droit absolu à mériter de la souveraineté pour la consécration de laquelle ils ont consenti tous les sacrifices.