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Société

Marché de l’emploi pour Jeunes diplômés : Le temps des alternatives

  • 19 janvier 18:45
  • 5 min de lecture
Marché de l’emploi pour Jeunes diplômés : Le temps des alternatives

Pour les diplômés chômeurs susceptibles de rester en marge de la campagne de recrutements tous azimuts dans la fonction publique au cours de cette année 2026, il ne s’agit pas de croiser les bras et de profiter notamment des voies octroyées par les plateformes numériques et le télétravail.

Comme on dit souvent,“l’argent appelle l’argent”, le travail appelle le travail. En clair, saisir les horizons élargis et les opportunités d’emploi là où elles se trouvent.

La Presse — Confortés par l’annonce de meilleures perspectives pour l’embauche dans la fonction publique au cours de cette année 2026 et des recrutements prévus dans le budget de l’Etat tunisien, les diplômés chômeurs ne seront peut-être pas tous logés à la même enseigne, en fonction de la durée de leur inactivité et selon leurs compétences.

Ceux qui seront hypothétiquement en marge devront s’armer de patience et continuer de scruter les possibilités offertes par les métiers appuyés et développés par les Ntic et les espaces digitaux et connectés. Les plateformes électroniques, les options de freelance ou encore le télétravail offrant de nombreuses et larges options aux candidats à l’emploi dûment rémunéré.

Actuellement, le marché de l’emploi en Tunisie traverse une phase de mutation profonde qui impose une remise en question des modèles traditionnels d’insertion professionnelle. Pour rappel, le ministre des Finances, Michket Slama Khaldi, avait annoncé en fin d’année dernière la possibilité de reprendre le recrutement dans la fonction publique en 2026, après des années de gel partiel, avec l’ouverture de 51 878 postes.

Cette mesure inclut la régularisation de la situation de milliers de travailleurs, notamment des ouvriers de chantiers, des docteurs, des enseignants suppléants et des professeurs d’éducation physique, dans un objectif de justice sociale et de renforcement du rôle social de l’État. Tout en reconnaissant l’impact sur les finances publiques, avec un déficit budgétaire projeté à 6,4 %, la ministre a estimé que la relance de l’investissement permettra d’en atténuer les effets.

Pendant des décennies, la fonction publique a constitué l’horizon privilégié, voire exclusif, pour une grande partie des jeunes diplômés chômeurs, perçue comme un gage de stabilité sociale et financière. Or, dans un contexte économique marqué par des contraintes et des déséquilibres budgétaires persistants et une capacité de recrutement public de plus en plus limitée, cette option ne peut plus absorber les flux croissants de diplômés issus de l’enseignement supérieur.

Cette réalité impose aujourd’hui une évolution des mentalités et des politiques publiques, afin de dépasser l’idée selon laquelle l’emploi stable ne peut exister qu’au sein de l’administration.

La niche généralisée du télétravail

Face à ces défis, de nouvelles possibilités se présentent et transforment progressivement le panorama de l’emploi. L’essor des plateformes de travail en ligne, le développement du freelancing et la montée en puissance du télétravail ouvrant de nouvelles voies devant les jeunes Tunisiens, dépassant largement les limites du pays.

Grâce aux technologies numériques, les compétences disponibles localement peuvent désormais être mises en valeur sur des marchés tant régionaux qu’internationaux, en particulier, dans des secteurs tels que les technologies de l’information, le graphisme, la rédaction, le marketing numérique, la traduction et la formation à distance. Ces nouvelles modalités de travail offrent une flexibilité accrue, encouragent l’autoemploi et permettent d’obtenir des revenus qui peuvent parfois surpasser ceux du marché local traditionnel.

Cependant, cette évolution vers un marché du travail plus accessible et numérique nécessite un accompagnement adéquat. Il est essentiel de déployer des efforts collectifs pour améliorer les compétences numériques, linguistiques et entrepreneuriales des jeunes diplômés, tout en établissant un cadre juridique et social approprié pour le travail indépendant et le télétravail.

Les enjeux concernant la protection sociale, la fiscalité et la reconnaissance légale du statut de freelance restent cruciaux pour assurer la pérennité de ces nouvelles formes d’emploi. Dans le même temps, l’amélioration des infrastructures numériques et l’accès équitable  à internet restent des conditions indispensables pour permettre à tous les jeunes, y compris dans les régions intérieures, de tirer profit de ces opportunités.

Dans la réalité, l’intégration économique des jeunes diplômés en Tunisie ne devrait pas se limiter à une approche unique axée sur la fonction publique. Il est essentiel de considérer cette question comme un ensemble de parcours diversifiés.

En associant des emplois salariés, des activités indépendantes, des plateformes numériques et du télétravail, le pays tient l’opportunité de réduire la pression sur le marché de l’emploi tout en encourageant l’émergence d’une génération plus autonome, innovante et mieux connectée à l’économie mondiale. Si cette évolution s’accompagne de réformes cohérentes et inclusives, elle pourra transformer un défi structurel en un véritable levier de développement pour la Tunisie.

Auteur

Mohamed Salem Kechiche

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