Gaza face au racket de Trump
J usqu’à nos jours, le cessez-le-feu de façade du 9 octobre 2025 n’a pas empêché l’armée sioniste de tuer les Palestiniens ; 470 civils sont morts, parmi eux 100 enfants; la vie est encore et toujours intenable à Gaza, les violations, les funérailles et les pertes d’enfants sont quotidiennes ; la colonisation et les exactions continuent en Cisjordanie avec près d’une vingtaine de colonies illégales qui pourraient être installées.
Ajoutons à ces drames innommables les conséquences des restrictions meurtrières et dévastatrices sionistes imposées à l’aide humanitaire et aux organisations qui la fournissent. Les Palestiniens continuent de mourir de froid, de faim et de maladies évitables, tandis que l’armée d’occupation empêche les camions chargés de nourriture, d’abris et de fournitures médicales de leur parvenir.
Pendant ce temps d’agressions et de bombardements, à Washington, Steve Witkoff, l’émissaire de Trump, annonce le lancement de la phase 2 du plan visant à mettre fin à la guerre dans le territoire de Gaza. Sans prendre en compte le viol de la trêve et les dépassements de l’armée occupante, ni faire le bilan de la première phase, Trump entre de plain-pied dans la deuxième phase du plan de paix.
Rappelons que cette phase est particulièrement délicate, prévoyant notamment le désarmement du Hamas et le retrait progressif des troupes sionistes de la bande de Gaza ainsi que le déploiement d’une force multinationale censée sécuriser Gaza et former des unités de police palestiniennes. Un vaste chantier.
Comme il va plus vite que la musique, Trump met la charrue avant les bœufs et réitère ce qu’il avait appelé «le plus grand et prestigieux conseil jamais assemblé», en dévoilant la liste du fameux comité de la paix qu’il présidera, y figurent des hommes de son premier cercle: le chef de la diplomatie Marco Rubio, Steve Witkoff, ainsi que son gendre Jared Kushner, homme d’affaires et médiateur officieux du gouvernement Trump, ou encore le président de la Banque mondiale Ajay Banga. L’ancien Premier ministre britannique Tony Blair est aussi dans l’équipe et s’est dit «honoré d’avoir été nommé au conseil exécutif».
Il n’échappera à personne que ces membres forment la garde rapprochée de Trump, en majorité des hommes d’affaires. On devine facilement qu’ils ont l’intention d’investir dans Gaza (détruite à plus de 80%). Trump revient à son rêve initial annoncé le 4 février 2025 de lancer l’idée d’une prise de contrôle de la bande de Gaza par les États-Unis pour en faire la «Riviera du Moyen-Orient»
Au vu des complications, des obstacles inextricables que renferme cette deuxième phase du plan de paix, la tâche semble irréalisable. Le locataire de la Maison-Blanche va-t-il abandonner son projet de Riviera au cours des négociations ou changer de cap ?