L’entrepreneuriat apparaît comme un élément fondamental de croissance et de résilience. C’est dans cette dynamique que s’inscrit la tenue du One Business Forum, organisé à l’occasion du cinquième anniversaire de l’Organisation nationale des entrepreneurs (ONE), sous le patronage du ministère de l’Économie et de la Planification.
Ce rendez-vous économique, tenu le 20 janvier 2026 à Tunis, a réuni acteurs publics et privés autour d’un objectif commun : renforcer l’écosystème entrepreneurial tunisien, encourager l’innovation et ouvrir de nouvelles perspectives de coopération à l’échelle régionale et africaine.
La Presse — À l’occasion du cinquième anniversaire de l’Organisation nationale des entrepreneurs (ONE), et sous le patronage du ministère de l’Économie et de la Planification, un forum économique s’est tenu le 20 janvier 2026 à Tunis. Cet événement a marqué le lancement de la première édition du « One Business Forum », une initiative visant à renforcer l’écosystème entrepreneurial tunisien et à favoriser les synergies entre les différents acteurs économiques.
Dans ce contexte, Yassine Gouia, président de l’Organisation nationale des entrepreneurs, a souligné que la célébration des cinq années d’existence de l’ONE constituait une occasion idéale pour lancer ce forum. Selon lui, le « One Business Forum » se veut un véritable groupement économique, réunissant TPME, PME, sociétés communautaires, startups et holdings, avec l’ambition de rassembler l’ensemble de l’écosystème entrepreneurial.
Renforcer l’écosystème entrepreneurial
L’événement a également vu la participation de nombreuses structures publiques d’appui, d’institutions nationales de gestion, ainsi que d’organismes capables d’orienter les porteurs de projets. L’objectif était clair : mettre l’accent sur la qualité, le réseautage et l’ouverture à l’international, des leviers jugés essentiels pour la croissance des entreprises tunisiennes. « Il est fondamental de travailler en groupe, de partager les expériences et de s’inspirer des success stories », a expliqué Yassine Gouia, précisant que des hommes d’affaires et des structures économiques de Libye et d’Algérie ont été invités dans cette optique.
Cette ouverture régionale constitue, selon lui, un pas solide vers le renforcement des exportations tunisiennes, mais aussi vers une forme de souveraineté économique tournée vers l’Afrique, et plus particulièrement les pays voisins. Le président de l’ONE a insisté sur la nécessité de renforcer l’écosystème entrepreneurial en Tunisie, tout en rappelant que le secteur privé demeure confronté à de multiples difficultés : complexité législative, accès limité au financement, insuffisance des formations, déficit d’information et obstacles à l’accès aux marchés.
« L’accès aux marchés reste aujourd’hui l’un des principaux défis », a-t-il affirmé, soulignant que l’action de l’Organisation nationale des entrepreneurs se veut concrète et orientée vers des résultats tangibles.
Il a également rappelé la participation active de l’ONE aux travaux de planification stratégique 2026-2030, en tant que force de proposition, estimant que cet exercice de terrain démontre qu’avec davantage de confiance accordée aux PME, la Tunisie peut progressivement sortir de la conjoncture économique difficile actuelle. S’adressant aux jeunes entrepreneurs, Yassine Gouia les a appelés à oser entreprendre, à miser sur des projets fondés sur l’innovation et l’économie numérique, qu’il considère comme une solution incontournable.
« Les projets digitaux, scalables et innovants représentent aujourd’hui un véritable levier de croissance. Avec la force de proposition de l’ONE et la persévérance de l’entrepreneur tunisien, nous pouvons créer une dynamique efficace et durable », a-t-il assuré.
Favoriser la connaissance mutuelle et l’entraide
De son côté, Abdelmajid Khemakhem, enseignant universitaire à la retraite, mais toujours actif en tant que conseiller et consultant en gestion des investissements industriels, fort de plus de trente ans d’expérience, a mis en avant la vocation première du « One Business Forum ». Selon lui, ce rendez-vous vise avant tout à réunir les entrepreneurs autour de nouveaux projets, à favoriser la connaissance mutuelle et l’entraide.
Malgré des conditions climatiques défavorables, une participation notable a été enregistrée, ce qui témoigne, selon lui, d’un réel intérêt pour ce type d’initiative. Le contenu du forum a permis de dresser un état des lieux de la situation économique mondiale, tout en mettant en lumière les réalités de certains territoires proches de la Tunisie ou entretenant des relations économiques avec elle.
Abdelmajid Khemakhem a également alerté sur le ralentissement de la croissance économique mondiale, marqué par des logiques de repli et d’égocentrisme de la part de certains pays leaders. Face à cette tendance, il plaide pour une union économique, technologique et stratégique, non nécessairement politique, entre les pays voisins, notamment la Tunisie, l’Algérie et, pourquoi pas, le Maroc.
Une telle coopération pourrait, selon lui, permettre de contrecarrer les effets négatifs du contexte international à travers des projets communs ou coordonnés. Il a, par ailleurs, souligné l’importance, pour la Tunisie, de miser sur un ou deux projets structurants à forte valeur ajoutée, capables de générer des recettes budgétaires et de réduire l’impact négatif de la conjoncture actuelle. « Même un passage progressif du négatif vers le point mort serait déjà une avancée », a-t-il estimé.
En conclusion, le rôle clé des nouvelles générations dans la relance économique et l’avenir entrepreneurial du pays reste très important.