Tunisie : les inondations les plus marquantes de l’histoire
De violentes pluies ont frappé la Tunisie lundi et mardi derniers, provoquant des inondations meurtrières dans plusieurs régions du pays.
Le bilan provisoire fait état de cinq décès, de disparitions en mer et d’importants dégâts matériels, notamment dans les gouvernorats de Nabeul, Monastir, Zaghouan, Tunis et Ben Arous, selon les autorités et la protection civile.
Ces précipitations exceptionnelles, qui ont dépassé localement les 300 mm en moins de 48 heures, ont entraîné des crues soudaines, la coupure de routes, l’inondation de quartiers entiers et l’évacuation de nombreuses familles.
À Moknine, cinq personnes ont perdu la vie, tandis que quatre pêcheurs sont toujours portés disparus après le naufrage de leur embarcation.
Dans une publication sur la page officielle de l’Observatoire tunisien de la météo et du climat, l’expert en météorologie Amer Bahba a rappelé que ces événements s’inscrivent dans une série d’épisodes climatiques extrêmes qui ont marqué l’histoire du pays.
Il cite notamment les inondations de 1969, les plus meurtrières jamais enregistrées en Tunisie, avec 542 victimes, après des pluies ayant atteint jusqu’à 1 231 mm à Hajeb El Ayoun, soit plusieurs fois la moyenne annuelle.
D’autres catastrophes majeures ont également endeuillé le pays, comme les inondations de janvier 1990 qui ont causé la mort de 60 personnes dans le centre et le sud, celles de Nabeul en 2018 ou encore les pluies exceptionnelles qui ont frappé le Sahel en 2020, où certaines villes ont reçu l’équivalent d’une année de précipitations en quelques semaines.
Selon Amer Bahba, la majorité de ces épisodes ont été provoqués par des configurations météorologiques similaires, notamment des dépressions coupées, des gouttes froides, des dépressions sahariennes et des retours d’est, des phénomènes favorisant des pluies intenses et localisées.
Alors que les autorités poursuivent les opérations de secours et d’évaluation des dégâts après les intempéries de lundi et mardi, ces événements relancent le débat sur la vulnérabilité du territoire face aux risques climatiques et sur la nécessité de renforcer les dispositifs de prévention, d’alerte et d’aménagement pour faire face à des phénomènes de plus en plus fréquents et violents.