Pluies diluviennes et providentielles, routes coupées, dégâts matériels sans gravité et 4 victimes à déplorer, des dommages collatéraux, barrages revigorés et grandes crues évitées, voilà ce qu’il faut retenir de la dépression qui a sévi en Tunisie. En attendant une prochaine dépression ?
La Presse — Les pluies torrentielles qui s’abattent sur la Tunisie, depuis le début de semaine sont liées à une dépression très active, selon l’Institut national de la météorologie (INM). Il s’agit d’une perturbation et de phénomènes météorologiques violents bien réels, sans que cela ne soit réellement imputable à la tempête Harry, selon l’INM, largement citée dans les médias numériques. La situation météorologique générale fait état d’une dépression active sur le Bassin méditerranéen qui a afflué vers la Tunisie, provoquant des pluies torrentielles et des rafales de vent importantes dans plusieurs régions du pays. L’Institut national de la météorologie a placé plusieurs gouvernorats en alerte rouge, notamment Tunis, l’Ariana, La Manouba, Nabeul, Ben Arous et Monastir, avec des pluies parfois accompagnées d’orages et de chute de grêle.
Précipitations élevées
Des cumuls extrêmement élevés ont été enregistrés depuis hier à Sayada (Monastir) de 242 mm, Monastir centre de 230 mm, Zaghouan de 212 mm, Sidi Bou Saïd (Grand Tunis) de 206 mm, Moknine de 192 mm, Grombalia de 179 mm, Mornag de 171 mm. Ces précipitations sont inédites depuis 1950 dans certaines zones. Des zones ont été inondées et sinistrées. Les pluies ont rapidement débordé les systèmes d’évacuation et inondé des zones urbaines et rurales. Dans le Grand Tunis et les banlieues nord-est, on a constaté des rues submergées et des quartiers coupés par les eaux. Dans des quartiers comme Le Kram, La Goulette, La Marsa et Bhar Lazreg ont vu l’eau atteindre parfois près d’un mètre de hauteur. Dans les régions côtières de Nabeul, Sousse, Monastir et Bizerte, des routes et zones basses noyées et trafic paralysé. A Menzel Temime du gouvernorat de Nabeul, il y a eu inondation de quartiers résidentiels par des eaux rapides.
Conséquences humaines et matérielles
Au moins 4 personnes ont été tuées dans des régions comme Moknine (Monastir), notamment entraînées par des courants d’eau ou piégées chez elles. Des quartiers complètement isolés, notamment dans les zones basses et les zones urbaines mal drainées, ont été signalés. Écoles fermées dans la capitale Tunis, Nabeul, Sousse et Béja, et interruption des transports publics et privés dans certaines zones. La Protection civile et les forces armées sont mobilisées pour les secours, les pompages d’eau et l’assistance aux habitants. Il y a des risques naturels persistants. Les prévisions indiquent que les pluies continuent aujourd’hui sur une grande partie du pays, avec des risques d’inondations supplémentaires, notamment dans les zones déjà saturées. Les autorités ont appelé la population à éviter les zones inondées, les oueds et les zones basses, et à respecter les consignes de sécurité.
Avant-hier mardi 20 janvier 2026, une situation fortement pluvieuse a été engendrée dans plu- sieurs zones, notamment dans la région du Grand Tunis, la presqu’île du Cap Bon et Monastir, où le niveau d’alerte a été relevé et les précipitations ont dépassé 200 millimètres. L’Institut national de la météorologie a classé ces zones en alerte maximale, exigeant une vigilance extrême en raison de phénomènes météorologiques intenses et inhabituels.
Zones en état d’alerte rouge
Parallèlement, les régions de Zaghouan, Mahdia, Bizerte et Sousse sont placées en alerte maximale, caractérisée par des orages, de fortes pluies et des vents violents. Ces conditions météorologiques exceptionnelles, avec des pluies torrentielles continues pendant des heures, ont provoqué une montée des eaux dans les vallées et les zones basses. Ces précipitations importantes sur une courte période ont entraîné des crues soudaines et des inondations rapides dans les vallées et les cours d’eau. En conséquence, plusieurs comités régionaux de prévention et de gestion des catastrophes ont suspendu les cours dans tous les établissements d’enseignement, les universités et les centres de formation des gouvernorats de Tunis, Zaghouan, Sousse, Monastir, Mahdia, Sfax, Nabeul, Bizerte et l’Ariana afin d’assurer la sécurité des élèves, des enseignants et du personnel administratif. Les bulletins d’alerte publiés par l’Observatoire national de la sécurité routière contenaient également une mise en garde. Les citoyens et les usagers de la route sont avertis d’une visibilité réduite, de perturbations de la circulation et de débordements des réseaux d’égouts, ainsi que d’un risque de coupures de courant. Il est conseillé d’éviter tout déplacement, sauf en cas d’extrême nécessité, en particulier dans les zones basses et à proximité des cours d’eau.
L’Observatoire national de la sécurité routière souligne la persistance des fluctuations météorologiques et le risque d’inondations soudaines et de débordements des oueds dans les régions du Nord-Est et du Centre. L’Observatoire déconseille également de tenter de traverser des zones inondées, même si elles semblent peu profondes, car elles peuvent dissimuler des nids-de-poule ou entraîner l’arrêt brusque des véhicules en raison du fort courant. Dans son bulletin d’alerte, l’Institut national de la météorologie a confirmé la possibilité que de très fortes pluies affectent les activités quotidiennes et la vie économique dans plusieurs gouvernorats pendant plusieurs jours. Les citoyens sont invités à suivre les consignes de sécurité et à respec- ter les instructions et les directives des autorités lorsqu’ils doivent sortir dans des circonstances exceptionnelles. Il leur est également conseillé d’éviter de marcher ou de conduire sur des routes inondées et de conduire avec une extrême prudence sur les routes inondées ou à proximité des cours d’eau.
La Tunisie a vécu deux journées particulièrement pénibles au niveau des routes, des trans- ports publics et des déplacements au moyen de véhicules, si bien que le gouverneur de Tunis M. Imed Boukhris a décrété successivement, les journées du mardi 20 et du mercredi 21 janvier 2026 comme les plus critiques, ayant nécessité la fermeture des écoles et des espaces éducatifs dans l’ensemble de la république tunisienne. Il est attendu que les barrages hydriques se remplissent de façon conséquente, chose relativisée par certains experts en eau qui affirment que seulement une légère amélioration sera observée au niveau des barrages, remplissant tout au plus les plus petits d’entre eux. Ainsi, l’expert en développement Houcine Rehili a confirmé mardi 20 janvier 2026 que les quantités de pluie récemment enregistrées dans le pays étaient principalement concentrées en dehors des zones de barrage, prévoyant que le taux de remplissage actuel des barrages se situera entre 30 et 32 %…