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Société

Commerces de proximité : Quand l’épicerie devient un piège

  • 23 janvier 17:30
  • 4 min de lecture
Commerces de proximité : Quand l’épicerie devient un piège

En dépit de l’extension des réseaux de grandes surfaces, les commerces de proximité tiennent bon. C’est le recours de ceux qui rentrent tard et de ceux qui raclent les fonds de tiroir, de ceux qui n’ont plus de quoi boucler le mois, parce qu’il y a ceux qui font crédit. Des amitiés se nouent. D’autres se distendent pour une raison ou une autre, surtout lorsque, ici ou là, on constate des abus. Ceux qui sont les plus agressifs sont ceux qui vendent des fruits et légumes.

La Presse — Malgré tout, ils demeurent essentiels. Mieux que cela, il y a des chaînes de grandes superettes qui offrent des articles abordables et qui consentent des réductions et des promotions importantes. Une adaptation payante qui facilite la vie des consommateurs et influence le comportement des grandes surfaces.

Les marchands de fruits et légumes, particulièrement établis dans les proches banlieues, eux,  considèrent qu’ils opèrent sur une autre planète. Certes, ils disposent d’un autre standing que ceux qui sont dans les marchés municipaux. Bien achalandés, ils ont presque tout et la qualité est plutôt bonne. Restent les prix qui dépassent tout entendement.

Autrement dit, le client paie le prix de ce qu’il achète en plus du néon, des guirlandes, des fleurs  qui garnissent les lieux… Et lorsqu’on lui réclame le total des  achats, il n’a plus que les yeux pour pleurer la malchance  de se laisser tenter de ce qui n’est plus un commerce de proximité, mais bien un guet-apens.

Nous savons bien que les services de contrôle n’ont pas le pouvoir d’ubiquité pour être partout. Déjà, ils ont fort à faire avec des commerçants, traiteurs et autres pseudo pâtissiers, qui ne respectent rien, mais une petite visite du côté de ceux qui sont établis du côté d’El Manazah pourrait rappeler à ces malfrats qu’on les a à l’œil.

Il est vrai que la clientèle dans ces parages est toujours pressée et est bousculée par un emploi du temps difficile à gérer, par la disponibilité des moyens de transport, mais il y a des limites à tout.

L’impunité encourage  ces dépassements et instaure une ambiance malsaine qui fausse tout ce qui se passe dans le reste du pays.

En fin de compte, heureusement que les statistiques ne sont pas établies à partir de ces échoppes qui profitent d’une clientèle  bousculée par le besoin urgent de rentrer chez soi et préparer les repas et qui pense que ces commerces de   proximité sont un don divin qui leur facilite la vie.

Ces abus concernent surtout les fruits et légumes.

A titre d’exemple, les pommes de terre provenant de la nouvelle récolte sont sur le matché depuis un bon bout de temps et dont le prix s’est stabilisé autour de 1,500d et 1,750d sont vendues à 2,500d. Les tomates sont à trois dinars. Et comme il n’y a aucun casier qui porte une étiquette, tout est à la tête du client. «Il y a une demi-heure que j’étais là. Pourquoi les tomates ont-elles augmenté de cinq cents millimes? Je suis allée retirer de l’argent et je suis revenue», proteste une dame.

«C’est une nouvelle livraison», lui rétorqua le caissier.

Les épiceries  et les superettes ont tendance à tout arrondir au supérieur. Les produits subventionnés n’échappent pas à ces manipulations.

Ne parlons pas du pain «fait maison» des friandises ou des glaces ou d’autres articles, dont les tarifs réels ne sont jamais appliqués.

Comme quoi, ces commerces de proximité, qui poussent un peu partout comme des champignons, en transformant un garage ou un réduit de jardin en un lieu commercial où on gagne de l’argent facile ne sont pas exempts de tout reproche.

Dommage qu’«avec de l’argent, on plie bien des consciences» !

Auteur

Kamel GHATTAS

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