Trente objets de valeur entre statuettes et artefacts sont actuellement exposés au public dans la salle de Sousse du Musée du Bardo, et ce, jusqu’au 21 juillet 2026.
A l’origine de cet important projet de coopération entre la Tunisie et l’Italie placé dans le cadre Plan Mattei, un récit anecdotique que nous narre Tarak Baccouche, directeur général de l’Institut national du patrimoine (INP).
La Presse — Inauguration en grande pompe de l’exposition archéologique «Magna Mater entre Zama et Rome», mercredi dernier au Musée du Bardo. Deux ministres : Amina Srarfi, ministre des Affaires culturelles tunisien, et Alessandro Guili, ministre italien de la Culture, étaient présents à cet événement qui marque le retour des œuvres de Zama Regia après leur restauration et exposition à Rome.
Trente objets de valeur entre statuettes et artefacts sont actuellement exposés au public dans une salle du Musée du Bardo, et ce, jusqu’au 21 juillet 2026. A l’origine de cet important projet de coopération entre la Tunisie et l’Italie placé dans le cadre Plan Mattei, un récit anecdotique que nous narre Tarak Baccouche, directeur général de l’Institut national du patrimoine (INP).
Ces objets découverts sur le site archéologique de Zama étaient entassés dans des sacs de ciment et retrouvés chez un fonctionnaire retraité. Ces articles d’une valeur inestimable ont été récupérés par l’INP qui a essayé de les restaurer, mais faute de matériels adéquats, l’idée est venue de faire appel aux Italiens, compétents en la matière pour leur valorisation.
Et c’est dans le cadre d’un projet structuré de coopération culturelle entre la Tunisie et l’Italie, dont les relations sont au beau fixe, que ce patrimoine archéologique a pu bénéficier d’une restauration et d’une valorisation. Les objets ont fait le trajet jusqu’à Rome pour être remis entre les mains d’experts italiens et tunisiens qui, grâce à un matériel spécifique et hautement avancé, ont veillé à leur réhabilitation.
A l’issue donc de leur restauration, qui a permis de restituer aux œuvres leur splendeur originelle, les trente sculptures ont été tout d’abord exposées, du 5 juin au 5 novembre 2025, au Parc archéologique du Colisée à Rome et ont permis à trois millions de visiteurs de les découvrir.
L’exposition est le fruit d’une coopération entre le ministère des Affaires culturelles tunisien et le ministère italien de la Culture ainsi que l’Institut national du patrimoine tunisien et le Parc archéologique du Colisée sous la direction de Tarak Baccouche, Sondés Douggui-Roux, Alfonsina Russo, Roberta Alteri, Alessio De Cristofaro, Aura Picchione et Angelica Pujia et l’appui de l’ambassade d’Italie en Tunisie.
On retrouve la figure emblématique de la Magna Mater – la grand-mère, divinité antique aux multiples identités (Kubaba, Cybèle, Kybele, Meter Theon), vénérée pendant plus d’un millénaire en Anatolie, en Grèce et à Rome. Elle incarne un symbole puissant des relations culturelles entre les deux rives de la Méditerranée.
Autres statuettes et artefacts, datés entre le Ier et le IIe siècles après J-C sont exposés dans des vitrines et mis en scène avec un éclairage adapté. Des dispositifs multimédias innovants projettent des vidéos et images du sanctuaire de Zama.
Ici, on découvre l’histoire millénaire des deux pays proches aussi géographiquement et dont les relations s’intensifient grâce à un partenariat d’égal à égal. Mais l’aventure entre l’Italie et la Tunisie ne s’arrête pas là puisqu’au programme, il est question de rénover le site de Zama à Siliana.
«Les études sont en cours de finalisation et les travaux devraient être engagés prochainement», a indiqué Tarak Baccouche, directeur de l’INP au cours de la conférence de presse qui a précédé la visite de l’exposition, ajoutant qu’il s’agit d’un partenariat gagnant-gagnant entre les deux partenaires qui échangent leur savoir-faire en la matière».
Pour sa part, Alessio Di Cristofaro, directeur de l’Institut national de la valorisation économique et la promotion du patrimoine culturel, a rappelé au cours de son intervention les différentes étapes du processus de restauration des œuvres, insistant sur l’engagement de l’Italie dans un tel projet de recherche, de restauration et de valorisation du grand sanctuaire de la Magna Mater et d’Attis à Zama.
Après l’exposition au Musée du Bardo, les œuvres seront conservées jusqu’à la rénovation du site de Zama où elles regagneront leur place dans un espace conforme aux normes internationales où elles seront exposées de façon permanente. Par ailleurs, l’INP a consacré dans une élégante publication «Africa XXVIII» un numéro spécial «Zama Regia». Environ 400 pages richement documentées et illustrées pour continuer le plaisir de l’exposition.


