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Société

Emplois verts : Du chômage à l’éco-entrepreneuriat

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  • 24 janvier 18:00
  • 6 min de lecture
Emplois verts : Du chômage à l’éco-entrepreneuriat

En Tunisie, il existe un énorme potentiel de création d’emplois verts que l’Organisation internationale du travail (OIT) estime à 272.000 d’ici à 2030.

La Presse — Dans un contexte mondial marqué par un accès difficile à l’emploi pour les personnes peu ou pas qualifiées, touchant particulièrement la gent féminine, les jeunes et les chômeurs de longue durée, sur fond d’enjeux environnementaux (pollution, résilience des territoires, qualité de vie, etc…) nécessitant des réponses locales, durables et innovantes, l’Association d’éducation relative à l’environnement (Aere) de Hammamet a adopté le projet Meraviglia (Mediterranean Entrepreneurship’s Real Added Values to Innovate and Green Local and Inner Areas) du programme « Interreg Next Med » cofinancé par l’Union européenne (UE).

« Malgré le potentiel de la transition écologique, un déficit de compétences persiste dans les métiers verts et l’entrepreneuriat, freinant l’adaptation aux évolutions du marché du travail. Dans ce contexte, le projet Meraviglia vise à transformer la transition écologique en levier d’emplois durables, en développant des parcours de formation, des outils d’accompagnement et des dispositifs innovants favorisant l’acquisition de compétences adaptées », souligne Dr Salem Sahli, président de l’Aere-Hammamet et coordinateur du projet Meraviglia.

« Le projet ambitionne ainsi de renforcer l’employabilité des publics vulnérables tout en contribuant au développement durable dans l’espace euro-méditerranéen. Il s’inscrit dans la continuité du projet Interreg ENI CBC Med Resmyle, qui était principalement dédié à l’accompagnement des jeunes Méditerranéens vers l’entrepreneuriat, en particulier des NEETs (ni en emploi, ni en formation, ni en études). », ajoute-t-il.

Selon la fiche descriptive de cette initiative socio-écologique, ce projet a pour ambition d’améliorer dans un premier plan l’employabilité des publics fragilisés par le développement de compétences environnementales et entrepreneuriales. Et dans la foulée : promouvoir la micro-entreprise et l’auto-entrepreneuriat comme réponses concrètes aux enjeux d’emploi et aux défis écologiques locaux, tout en concevant et expérimentant des modèles de formation innovants, associant ancrage territorial et coopération transnationale.

Parallèlement, structurer un écosystème méditerranéen de formation, de mentorat et d’innovation dans le champ de l’économie verte.

« L’économie verte en Tunisie est en pleine mutation. Longtemps limitée à la gestion des déchets et à l’assainissement, elle s’étend aujourd’hui aux énergies renouvelables, à l’agroécologie et à l’économie circulaire. Les opportunités sont grandes mais les obstacles structurels aussi et principalement l’accès au financement, la formation et l’accompagnement des porteurs de projets et, « last but not least », la bureaucratie et la lourdeur administrative », fait savoir Dr Sahli.

« Aussi le projet Meraviglia vient-il à point nommé pour appuyer les stratégies nationales de promotion de l’entrepreneuriat vert dans notre pays. De plus, il est synergique et en phase avec les différents programmes d’appui qui soutiennent les entrepreneurs tunisiens tels que le projet Greenov’i, le Green Tunisian Business Program ou encore le Startup Act », précise-t-il.

D’ailleurs, les architectes du projet Meraviglia  tablent sur une approche intégrée et s’appuyant sur un ancrage territorial fort, fondé sur l’analyse des besoins socio-économiques et environnementaux, passant par la coconstruction des actions avec les acteurs et communautés locales et une coopération transnationale favorisant le partage de pratiques, la mobilité et le mentorat interculturel ainsi que la capitalisation et la transférabilité des méthodes et outils à l’échelle méditerranéenne.

Étalé sur une période de 36 mois — du 9 août 2025 au 8 août 2028 — pour un budget total de 2.494.000 euros et couvrant six pays du bassin méditerranéen (France, Italie, Jordanie, Liban, Tunisie et Turquie), le projet impliquera sept autres partenaires outre l’Aere-Hammamet : le Governor of Manisa (GoM), la Fondazione Amesci (Amesci), l’ADR – Association for the Development of Rural Capacities (ADR), le Jordan University of Science and Technology (Just), la Coopérative d’Initiative Jeunes Entrepreneur·e·s (CIJE), le Consorzio Formazione Lavoro e Cooperazione (CFLC) et la CDE Petra Patrimonia (CDE PP).

Et comme résultats attendus, les différents acteurs de ce projet veulent mettre en place un modèle innovant de Tiers-Lieux dédiés aux compétences environnementales soit 12 Tiers-Lieux créés ou renforcés au sein des territoires partenaires, une Académie virtuelle dédiée à l’entrepreneuriat vert, des parcours de formation transnationaux combinant e-learning, mentorat et mises en situation pratiques, 4 résidences d’éco-entrepreneurs favorisant l’apprentissage interculturel et des recommandations politiques visant à renforcer l’impact et la pérennité des actions.

Manifestement, le projet Meraviglia vise à contribuer à une Méditerranée plus inclusive, plus verte et plus résiliente, en faisant de l’entrepreneuriat durable un levier structurant de transformation sociale et environnementale à travers : une employabilité renforcée des publics vulnérables; le développement d’activités économiques durables à l’échelle locale; une réduction des inégalités sociales et territoriales, un appui aux politiques publiques en faveur de l’emploi et de la transition écologique; et une coopération méditerranéenne consolidée autour des compétences et de l’innovation durable.

Il est à signaler qu’en Tunisie, il existe un énorme potentiel de création d’emplois verts que l’Organisation Internationale du travail (OIT) estime à 272.000 d’ici 2030.

« L’Aere-Hammamet et les partenaires du projet Meraviglia sont fin prêts pour contribuer à relever ce défi », conclut Dr Salem Sahli.

 

Publics cibles du projet Meraviglia

• Jeunes et femmes en recherche d’emploi

• Chômeurs de longue durée, peu ou pas qualifiés

• Acteurs de la formation et de l’insertion professionnelle (organismes de formation, incubateurs, centres sociaux, mentors)

• Entrepreneurs et porteurs de projets dans l’économie verte

• Collectivités locales, ONG et décideurs publics engagés dans l’emploi et le développement durable

Bénéficiaires clés

• 440 aspirants entrepreneurs accompagnés dans des parcours de formation et d’incubation

• Plus de 150 formateurs, accompagnateurs et mentors renforçant leurs compétences

• Des milliers de bénéficiaires indirects grâce aux ressources pédagogiques, outils méthodologiques et actions de capitalisation

• Des collectivités et ONG locales bénéficiant de solutions concrètes et reproductibles

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Auteur

Abdel Aziz HALI

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