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Culture

Mes Humeurs : Ethique et musique

  • 24 janvier 18:30
  • 3 min de lecture
Mes Humeurs : Ethique et musique

La Presse La surprise, le choc a ébranlé le Landernau de musique classique : le chef d’origine indienne, Zubin Mehta, directeur à vie de l’Orchestre Philharmonique de l’Etat sioniste, a déclaré, il y a cinq jours qu’il annulait la totalité de ses engagements prévus dans le pays sioniste en 2026. La décision a provoqué un séisme dans les pages et les rubriques culturelles.

Sa décision est destinée à «manifester son opposition au traitement que Benyamin Netanyahou réserve à la question palestinienne dans son ensemble», précise le chef d’orchestre de 89 ans, pour qui «on ne peut séparer l’art et la politique». Il estime que c’est de son devoir de prendre position, il ne posera plus donc sa baguette dans ce pays génocidaire.

Dans ce que j’ai lu (Télérama, Le Figaro, Libération, etc.) je n’ai pas trouvé des prises de positions franches, des explications sur son cheminement qui l’a conduit au ras-le-bol, on a repris les passages de son interview à India To Day ; sans plus.   

Pourtant, le chef au charisme souverain, Mehta, a marqué plus d’un demi-siècle de vie musicale par une autorité naturelle et une générosité sonore immédiatement reconnaissable. Né à Bombay en 1936, formé à Vienne, il a dirigé les plus grands orchestres du monde de Vienne où il était le chef privilégié du concert du Nouvel An de l’Orchestre philharmonique de la ville aux phalanges de Berlin ou à New York.

Son art faisant de chaque concert un espace de partage où la musique, affranchie des frontières, parle d’une seule voix, celle de l’amour et de la paix. Il avait comme ami et complice le fascinant et rayonnant chef Daniel Barenboïm.

Revenons des années en arrière. Ce dernier, allemand d’origine argentine, qui possède un passeport palestinien, «par principe» dit-il, a fondé le fameux West-Eastern Divan en 1999 avec le penseur américano-palestinien Edward Saïd : cet orchestre dirigé par Barenboïm dont l’essence et la finalité sont de promouvoir la paix au Moyen Orient.

Il a donné des représentations qui ont bousculé les hypocrisies et les mensonges que la politique érige. Face à un public privé de normalité, il a fait entendre Beethoven comme un langage commun, fragile mais obstiné, en 2011, lorsque le maestro a dirigé — en bis — un extrait de Wagner lors d’un concert à El Qods.

Cette musique, prétendument associée à l’idéologie nazie, demeure sensible. Le concert a provoqué des protestations et une notable agressivité, Barenboïm a été hué, conspué ; avec courage et fermeté, il a demandé aux protestateurs de quitter la salle déclenchant une vive polémique culturelle et politique dans le pays.

On pourrait se demander si sa dignité, l’intégrité de son comportement et sa position vis-à-vis de la question palestinienne, ajoutés au génocide de Gaza, ont influencé la décision de son ami Zubin  qui dit dans son entretien « Le silence ou l’indifférence ne sont plus des options acceptables face à la destruction totale de la bande de Gaza…».

Auteur

Hamma Hannachi

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