gradient blue
gradient blue
Editorial

Quand la diplomatie protège la mémoire

Avatar photo
  • 24 janvier 12:36
  • 3 min de lecture
Quand la diplomatie protège la mémoire

Par-delà les strates du temps, la Tunisie demeure l’un des rares territoires où l’Histoire ne se contente pas d’être racontée : se donne à voir, s’offre à la conscience collective comme un vrai miroir tendu à la mosaïque des civilisations. Des vestiges puniques aux cités romaines, des médinas inscrites dans la mémoire des pierres aux manuscrits jalousement conservés, le patrimoine culturel tunisien n’est ni figé ni muet ; il est vivant, fragile, et profondément universel.

L’ouverture, par l’ambassade des États-Unis à Tunis, d’un appel à projets dans le cadre du programme de subventions pour la mise en œuvre de l’accord sur les biens culturels (Cpaig 2026) s’inscrit dans cette logique de responsabilité conjointe. Elle rappelle une vérité essentielle : la protection du patrimoine n’est pas un acte de repli identitaire, mais un engagement éclairé en faveur de la transmission, de la connaissance et de la légalité.

À l’heure où le trafic illicite d’antiquités nourrit des réseaux criminels transnationaux et menace l’intégrité des cultures, préserver revient aussi à protéger.

La Tunisie, riche d’un patrimoine plurimillénaire, se trouve à la croisée de ces enjeux. Son héritage archéologique, ethnographique et immatériel constitue un capital symbolique majeur, mais aussi un champ d’action exigeant, nécessitant expertise, coopération et innovation.

En soutenant des projets collaboratifs, associant institutions tunisiennes et partenaires internationaux, le programme Cpaig reconnaît implicitement la valeur scientifique, éducative et civilisationnelle des biens culturels tunisiens.

Il ne s’agit pas seulement de restaurer des sites ou de sécuriser des collections. Il s’agit de renforcer des compétences, de structurer des dispositifs durables, de favoriser le partage légal des savoirs et des objets, et d’inscrire la protection du patrimoine dans une vision stratégique de long terme.

À cet égard, l’implication des universités, des institutions publiques et des acteurs culturels constitue un levier fondamental pour ancrer ces actions dans le tissu national.

La diplomatie culturelle trouve ici l’un de ses terrains les plus nobles. Elle agit sans bruit, mais avec constance, pour faire du patrimoine un espace de dialogue plutôt que de prédation, un lieu de convergence plutôt que de convoitise.

En répondant à cet appel, la Tunisie affirme non seulement son attachement à ses biens culturels, mais aussi sa volonté de les inscrire dans une circulation éthique et maîtrisée du savoir.

Avatar photo
Auteur

Salem Trabelsi

You cannot copy content of this page