L’Italie se prépare à révolutionner la procédure pour les travailleurs étrangers avec l’introduction d’un permis unique combinant séjour et droit de travail, une réforme visant à simplifier les démarches, réduire les délais et offrir plus de flexibilité aux salariés venus de pays tiers. Le projet de décret législatif italien transpose la récente directive européenne 2024/1233, qui harmonise les règles sur les permis combinés dans l’ensemble de l’Union européenne.
Dès son entrée en vigueur, prévue pour mi-2026, le nouveau système permettra aux travailleurs étrangers de déposer une seule demande auprès des autorités italiennes, qui couvrira à la fois leur titre de séjour et leur autorisation de travail. Ce processus remplacera les démarches séparées et souvent longues, réduisant considérablement les délais d’instruction à 90 jours maximum, contre parfois plusieurs mois aujourd’hui.
Le projet italien prévoit également une flexibilité inédite pour les salariés. Les titulaires du permis unique pourront changer d’employeur sans avoir à refaire une nouvelle demande complète, à condition d’informer les services d’immigration. En cas de perte d’emploi, le salarié disposera d’une période de 3 mois pour retrouver un emploi, durant laquelle le permis restera valide. Les employeurs bénéficieront également d’un système simplifié, avec la possibilité de suivre en temps réel l’avancée des demandes, grâce à un portail numérique dédié.
La réforme s’inscrit dans le cadre de la directive européenne 2024/1233, adoptée pour faciliter l’accès au marché du travail dans l’UE et renforcer la transparence et l’efficacité des procédures de séjour et d’emploi pour les ressortissants de pays tiers. L’Italie est l’un des premiers États membres à transposer concrètement cette directive dans sa législation nationale, avec un décret en cours de validation par le Parlement.
Selon les autorités italiennes, ce permis unique devrait améliorer l’attractivité du pays pour les travailleurs étrangers, en particulier dans les secteurs où la demande de main-d’œuvre est élevée, comme l’agriculture, la santé, le tourisme ou la technologie. Cette réforme répond également à un besoin de modernisation administrative, en centralisant les demandes et en réduisant le risque d’erreurs ou de doublons dans les dossiers.
L’introduction de ce permis unique est une étape majeure pour l’Italie, mais elle s’inscrit dans un mouvement plus large de l’UE visant à harmoniser les procédures pour les travailleurs non européens. Les experts soulignent que cette réforme pourrait servir de modèle pour d’autres pays européens et contribuer à une meilleure intégration des travailleurs étrangers sur le marché du travail, tout en respectant les droits des salariés et les normes européennes.