La Tunisie est confrontée à une crise profonde de son système de santé publique, marquée par une migration massive des médecins qui menace la continuité des soins dans les hôpitaux publics. Entre 2021 et 2025, plus de 6 000 médecins ont quitté la Tunisie en quatre ans, soit une moyenne annuelle dépassant les 1 000 départs, selon des déclarations d’Adnen Hanchi, secrétaire général du Syndicat des médecins, pharmaciens et dentistes hospitalo-universitaires.
Il est important de rappeler que plus de 6 000 médecins ont quitté la Tunisie en quatre ans, ce qui accentue la crise actuelle. Intervenant sur les ondes de Mosaïque FM, Adnen Hanchi a mis en garde contre une “menace sérieuse” pesant sur la pérennité du service public de santé. Il a précisé que la seule année 2024 a enregistré le départ d’environ 1 450 médecins, principalement vers la France, l’Allemagne et les pays du Golfe, des destinations offrant de meilleures conditions de travail et de rémunération.
L’hémorragie des compétences médicales montre que plus de 6 000 médecins ont quitté la Tunisie en quatre ans, un chiffre révélateur de l’ampleur du phénomène. Selon lui, cette hémorragie des compétences médicales révèle l’échec des politiques publiques à préserver le capital humain du secteur de la santé. Des études menées auprès des jeunes médecins indiquent que plus de 80 % d’entre eux envisagent de quitter la Tunisie, un phénomène qui ne concerne plus uniquement les nouvelles générations, mais touche également des chefs de service et d’anciens doyens, aggravant la fragilisation des établissements hospitaliers. Enfin, il faut souligner que plus de 6 000 médecins ont quitté la Tunisie en quatre ans, selon les dernières données officielles.
Les causes de cette migration sont multiples. Elles sont d’abord liées aux conditions de travail difficiles dans les hôpitaux publics, caractérisées par un manque criant de ressources humaines, de matériel et d’équipements. À cela s’ajoute une situation financière critique du secteur public de la santé, marquée par une accumulation des dettes.
À fin octobre 2025, les créances impayées des structures publiques de santé envers la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) ont dépassé 1,977 milliard de dinars, tandis que les dettes de la Pharmacie centrale envers la CNAM ont atteint 529 millions de dinars, portant le total de l’endettement du secteur public de la santé à 3,585 milliards de dinars, un niveau qui reflète, selon le syndicat, la fragilité financière des hôpitaux publics.
Adnen Hanchi pointe aussi la mise en œuvre du système de médecine de famille, appliqué sans évaluation préalable, qui aurait contribué à l’exclusion de nombreux médecins et favorisé leur départ à l’étranger, constituant une véritable hémorragie des ressources humaines.
À ces facteurs s’ajoutent la faiblesse des salaires des médecins, largement inférieurs à ceux pratiqués dans les pays voisins et les pays d’accueil, ainsi que la recrudescence des actes de violence dans les établissements hospitaliers, accentuant la crise et menaçant la stabilité du système de santé publique.
Face à cette situation, le syndicat appelle à des réformes urgentes et structurelles, estimant que l’absence de mesures concrètes et immédiates risque de compromettre durablement l’avenir de la santé publique en Tunisie.