Les pays de l’espace Schengen envisagent de renforcer les contrôles aux frontières extérieures et d’intensifier les expulsions des personnes en situation irrégulière, selon un rapport interne de la Commission européenne rendu public récemment. Baptisé “Schengen Barometer+”, ce document, consultatif et confidentiel, a été dévoilé par l’ONG de surveillance des libertés civiles Statewatch.
Le rapport, présenté aux ministres de l’Intérieur des États membres en octobre 2025 et publié fin janvier 2026, dresse un état des lieux des défis actuels de l’espace Schengen : migrations irrégulières, sécurité aux frontières, et capacités opérationnelles des pays membres. Il recommande notamment une augmentation des contrôles aux frontières, un recours accru à la technologie et une intensification des expulsions, tout en soulignant que l’espace Schengen doit rester fonctionnel et sécurisé.
Plus de surveillance, mais pas de fermeture des frontières
Contrairement aux interprétations alarmistes qui ont circulé sur les réseaux sociaux, le rapport ne constitue pas une loi contraignante. Il sert plutôt de guide stratégique pour les gouvernements européens. Plusieurs États, comme l’Allemagne, la Pologne et l’Autriche, ont déjà prolongé des contrôles temporaires aux frontières internes pour des raisons de sécurité, mesure autorisée par le Code frontières Schengen en cas de menace à l’ordre public.
Le document met aussi en avant l’importance des systèmes technologiques tels que l’Entry/Exit System (EES), déjà en déploiement, et le futur système ETIAS, qui devrait entrer en fonction fin 2026. Ces dispositifs permettent de collecter des données biométriques et de mieux suivre les entrées et sorties des voyageurs non européens.
Pour les ressortissants de pays tiers, ces évolutions se traduisent par un contrôle plus rigoureux aux frontières, mais aucune restriction de voyage n’est prévue à ce stade. Les voyageurs continueront de pouvoir circuler librement dans l’espace Schengen, à condition de respecter les règles de visa et de séjour. En revanche, les files d’attente pourraient être plus longues, et les vérifications plus détaillées, notamment grâce à la collecte d’empreintes digitales et de photographies à l’entrée et à la sortie du territoire.
Selon les experts, le rapport Schengen Barometer+ reflète une volonté de l’Union européenne de moderniser ses infrastructures de contrôle et de coordonner les politiques migratoires entre États membres. Il s’agit de renforcer la sécurité sans remettre en cause la libre circulation à l’intérieur de l’espace Schengen.
Ceci pour dire que le rapport publié par Statewatch signale une tendance au durcissement des contrôles et à la numérisation des procédures, mais ne bouleverse pas immédiatement le droit de voyager. Il s’agit d’une orientation politique, et non d’une nouvelle réglementation applicable dès aujourd’hui.