Inondations : Transformer l’épreuve en tournant national
Maintenant que la crise s’est estompée, que les structures gouvernementales ont accompli leurs missions de préservation des acquis du peuple, que les Tunisiens ont montré qu’ils n’ont rien perdu de leur culture légendaire de solidarité et que le Président de la République a pris un nouveau rendez-vous avec le peuple, la question qu’on se pose est toute simple: que faire pour capitaliser cet élan populaire constaté par le monde entier quand les rues et les maisons ont été dévastées par l’eau bénie, et qui aura la mission de préserver les Tunisiens d’une éventuelle répétition de cette catastrophe ?
Les Tunisiens sont confiants. Ils sont convaincus que leur Président saura prendre les décisions qu’il faut et désigner les hommes et les femmes qu’il faut, au moment qu’il faut, pour continuer d’édifier et de construire.
La Presse — Maintenant que Dame nature a déversé ses pluies torrentielles sur la Tunisie, que les Tunisiens ont vécu des journées particulières au cours desquelles l’eau a failli dévaster le pays et que les quantités d’eau tombées du ciel ont dépassé des centaines de milliers de m3 d’eau, la question qu’on se pose avec insistance est la suivante: que faut-il faire pour capitaliser les richesses hydriques offertes aux Tunisiens et pour que disparaisse, à jamais, le discours relatif à la rareté de l’eau dans certaines régions du pays, au manque persistant de la capacité de stockage de l’eau au niveau de plusieurs régions et finalement pour ce qui est des régions qui sont régulièrement privées d’eau et pas uniquement à l’intérieur du pays?
Puisqu’en pleine canicule estivale, les banlieues huppées de la capitale comme Ennasr et El Manar se trouvent, durant plusieurs journées et nuits, en manque d’eau potable et se tournent, malgré elles, vers les bouteilles d’eau minérale pour se désaltérer, faire la vaisselle et laver les voitures, dans un comportement répréhensible et inacceptable de la part des citoyens patriotes qui ont conscience de l’importance de l’eau et de la nécessité impérieuse de préserver les richesses hydriques pour des considérations aussi bien politiques et économiques que morales et religieuses. En application intelligente des préceptes de l’Islam qui élève l’eau au rang d’une grâce divine qu’il importe de traiter avec tous les égards.
Et ce ne sont pas les chiffres annoncés sur les quantités de pluie tombées et annoncées par la météo et la pléiade d’experts en hydrologie qui essaiment, ces derniers jours, les ondes radio, les plateaux TV et les réseaux sociaux qui retiennent l’intérêt des Tunisiens. Mais bien la stratégie que le gouvernement envisage de mettre en œuvre en vue de capitaliser scientifiquement les pluies bénies, qui prévaut parmi les Tunisiens qui n’ont plus d’oreilles à tendre à ceux qui ne font que dénoncer ce que le ministère de l’Equipement n’a pas réalisé et à dénigrer les municipalités systématiquement pour leur incapacité à protéger même leurs parcs et dépôts. Mais au contraire, ils attendent d’écouter des solutions réalistes, réalisables et surtout concrètes, urgentes et à long terme, à même de satisfaire l’ensemble des Tunisiens. Sans toutefois oublier et remettre aux calendes grecques la réalisation des projets de développement déjà programmés, sous le prétexte, souvent fallacieux, relatif à la révision obligée des priorités.
Et ce discours n’a aucune place dans la philosophie du Président de la République qui a prouvé, à plusieurs reprises, que les termes «priorité absolue» ou «priorité des priorités», chéris à des époques à jamais révolues, n’existent pas dans son lexique politique.
Tout simplement parce que tous les dossiers de développement se valent, toutes les régions du pays bénéficient du même degré d’attention présidentielle et aucun manquement et aucune négligence pour n’importe quelle explication ne seront tolérés ou même justifiés comme ce fut le cas lors des ères précédentes, en particulier celle des années de braise.
Les Tunisiens sont confiants en leur Président qui prendra les décisions qu’il faut en comptant, d’abord, sur les compétences des régions sinistrées qui sont au fait des réalités de leurs agglomérations, sont en contact direct et quotidien avec leurs concitoyens et savent répondre positivement à leurs réels besoins. Contrairement aux spécialistes et experts qui ne quittent leurs bureaux que pour rejoindre les salons des hôtels cinq étoiles et se contentent de rédiger des rapports et des recommandations n’ayant aucune relation avec le vécu des citoyens victimes de catastrophes.
Et l’expérience de la commission citoyenne chargée par le Chef de l’Etat de trouver une solution radicale à la crise du Groupe chimique tunisien à Gabès constitue la preuve éclatante que seuls les enfants du terroir sont capables de concevoir et d’exécuter les mesures les plus courageuses et les plus audacieuses afin de mettre un terme définitif aux carences, aux négligences et aussi aux attitudes belliqueuses de ceux qui obéissent aux ordres pour entraver le parcours national sur la voie de la promotion, de l’édification et de la construction.