Le virus de Nipah ne représente pas une menace épidémique pour la Tunisie, a affirmé le professeur en virologie Mahjoub Aouni, écartant tout risque de propagation sur le territoire national. Selon lui, les conditions climatiques, environnementales et sanitaires locales ne sont pas favorables à l’implantation ou au développement de ce virus.
Dans une déclaration accordée ce lundi à Diwan FM, l’expert a rappelé que le virus de Nipah n’est pas nouveau. Identifié pour la première fois en 1998 en Malaisie, il demeure jusqu’à présent géographiquement limité à certains pays asiatiques, notamment l’Inde, le Bangladesh, Singapour et les Philippines.
Un virus zoonotique grave mais à diffusion limitée
Mahjoub Aouni a précisé que le virus de Nipah appartient à la catégorie des maladies zoonotiques. Il se transmet principalement depuis des chauves-souris frugivores spécifiques vers d’autres animaux, en particulier les porcs, avant d’infecter l’être humain. La contamination humaine survient le plus souvent à la suite d’un contact direct avec des animaux infectés, notamment chez les travailleurs des grands élevages porcins.
La transmission interhumaine reste rare et nécessite un contact étroit et direct avec une personne malade, ce qui explique le caractère localisé des foyers observés jusqu’à présent.
Pourquoi la Tunisie reste à l’abri
L’expert a toutefois mis en garde contre la gravité de l’infection en cas de contamination. Après des symptômes initiaux proches de la grippe, le virus peut évoluer vers une atteinte du système nerveux central, provoquant une encéphalite, avec un taux de mortalité élevé, en l’absence de vaccin ou de traitement spécifique.
Mahjoub Aouni a enfin rassuré en soulignant que les espèces de chauves-souris présentes en Tunisie sont différentes de celles identifiées comme réservoirs du virus en Asie. De plus, les modes d’élevage locaux, loin des grandes exploitations industrielles, renforcent le niveau de sécurité sanitaire du pays face au virus de Nipah.