Une victoire bonne à prendre, certes, mais la prestation de l’équipe ne convainc toujours pas. Et après ?
La Presse — Les supporters et même les observateurs les plus avertis sont restés sur leur faim samedi soir : la victoire remportée par l’Espérance devant la formation tanzanienne de Simba a un goût d’inachevé. Il y a eu cette attente terrible d’une vingtaine de minutes, puis le moment fort quand Jacques Diarra a ouvert le score, suivi d’une montée en gamme du jeu “sang et or”, avant que les joueurs ne commencent à faire du n’importe quoi.
Beaucoup de déchets, un jeu haché et des actions non achevées. Pourtant, sur les gradins de l’Olympique de Radès, l’ambiance était celle des grands jours. Bravant la pluie et le froid, le public est venu nombreux soutenir son équipe fanion. Du coup d’envoi jusqu’au coup de sifflet final, les supporters “sang et or” n’ont pas arrêté d’encourager et de scander des chants à la gloire du club.
Une attitude qui n’a pas échappé à la vigilance de l’entraîneur “sang et or” : “Il y a des supporters qui encouragent l’équipe. Beaucoup d’entre eux sont venus encourager les joueurs à l’hôtel la veille du match. Il y a eu aussi des supporters qui étaient extraordinaires au stade, particulièrement lors des moments critiques du match où les joueurs avaient le plus besoin de soutien. Mais il y a aussi des supporters en colère et c’est leur plein droit. C’est tout à fait normal. Le football est ainsi fait.”, reconnaît Maher Kanzari.
Seul Diarra est sorti du lot
Si le coach “sang et or” dit comprendre la colère d’une frange des supporters, c’est qu’il y a bien des raisons à cela. L’équipe a mal entamé la rencontre, donnant l’impression d’avoir surestimé son adversaire. Et à vrai dire, la prestation collective laisse à désirer. En tout cas, elle ne convainc pas, ne rassure pas.
Cela dit, un seul joueur est sorti du lot : Jacques Diarra. Une superbe frappe à la 7’ et le portier tanzanien de dévier en corner. Le gardien de but de Simba a été moins chanceux quelques minutes plus tard quand Diarra est revenu à la charge, accélère sur le couloir gauche, avant d’adresser un tir croisé logeant la balle dans les filets.
Une ouverture du score à la 21’ qui met fin à un début de rencontre marqué par un sentiment de frustration : l’Espérance opérait, certes, un pressing, mais à tout moment, l’équipe de Simba était en mesure de surprendre.
Après l’ouverture du score, il y a eu un moment fort de l’Espérance qui, malheureusement, n’a duré que quelques minutes, avant que les débats ne redeviennent équilibrés.
Par ailleurs, les attaquants espérantistes ont manqué de tact durant la seconde période de jeu, marquée par un jeu haché et de terribles déchets qui ne ressemblent pas à une équipe rodée en Afrique.
Des absences qui pèsent
Après le match, le coach “sang et or” est resté optimiste malgré la colère manifestée par une frange de supporters mécontents en dépit de la victoire, tout en donnant explicitement la raison pour laquelle l’équipe n’affiche pas la grande forme: “Après un mois, nous allons récupérer les joueurs blessés.”, annonce Kanzari qui poursuit : “Nous ne sommes pas en crise.
Il y a des gens qui veulent à tout prix nous plonger dans une crise de résultats. Or, ce n’est pas le cas. Oui, il y a une pression constante. Sauf qu’à l’Espérance, on a l’habitude de jouer et même de vivre sous la pression.”, affirme-t-il avant d’ajouter : “Si je ne me trompe pas, c’est le 40e match que je dispute à la tête de l’équipe. J’ai encaissé ma deuxième défaite devant l’USM. Sans doute, cette défaite a créé des remous au sein du club.”
Dimanche prochain, l’Espérance donnera de nouveau la réplique à Simba SC à Dar es Salem. Un match retour dont le coup d’envoi sera donné à 14h00. La manche retour s’annonce, d’ailleurs, difficile, ce qui n’échappe pas à Kanzari: “Malheureusement, nous avons un match en championnat à disputer mardi, ce qui va nous mettre dans une terrible pression de calendrier.
Nous allons nous concentrer sur cette rencontre car le championnat est important aussi. Après, nous allons nous replonger de nouveau dans la confrontation contre Simba”.Les joueurs qu’aspirent récupérer Maher Kanzari d’ici un mois sont Mohamed Amine Tougaï, Yassine Meriah et Mohamed Ben Ali, encore convalescents. Sans compter que Youssef Msakni et Mohamed Dräger tardent à être compétitifs à 100%.
Bref, une situation désavantageuse pour un entraîneur constamment sous les feux des critiques, qu’il perde, qu’il fasse* match nul ou qu’il gagne.