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Société

Oncologie et dénutrition : 39% des cancéreux souffrent de dénutrition

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  • 26 janvier 18:45
  • 3 min de lecture
Oncologie et dénutrition : 39% des cancéreux souffrent de dénutrition

Professeure Nadia Ben Amor, nutritionniste, a choisi de focaliser sur l’évaluation de l’état nutritionnel d’un patient cancéreux, et ce, en raison du risque fréquent de malnutrition ou de dénutrition qu’il encourt. C’est que l’altération générale et nutritionnelle en particulier peut résulter aussi bien de la tumeur que du traitement.

La Presse —La spécialiste précise, de prime abord, le fondement de la malnutrition. Il s’agit du déséquilibre de la balance énergétique, soit de l’apport nutritionnel par rapport aux besoins nutritionnels. «Si l’apport est plus important que le besoin, on aurait une prise de poids. Si les besoins sont plus considérables que l’apport nutritionnel, nous serons face à une situation de perte de poids.

L’équilibre pondéral, lui, résulte de l’équilibre entre l’apport et les besoins nutritionnels. Cela dit, bon nombre de cancéreux souffrent d’anorexie. Certains, en revanche, sont obèses et dénutris. La prévalence de la dénutrition en oncologie s’élève à 39%», indique Pr Ben Amor.

Place à la double évaluation !

Il faut savoir aussi que parmi les conséquences résultant de la dénutrition chez le sujet cancéreux figure la diminution de l’efficacité du traitement, la diminution de la tolérance oncologique, l’augmentation de la toxicité de la radiothérapie et de la chimiothérapie, l’anémie, l’altération de la qualité de vie, l’obligation d’être fréquemment hospitalisé et la mortalité.

«C’est que le stade nutritionnel agit exactement comme celui tumoral ; soit une réelle perte de chance de rétablissement. Pour ce, tout patient cancéreux doit être mis en double évaluation, oncologique et non oncologique ; la première concerne la maladie, la deuxième concerne la nutrition», renchérit l’oratrice.

Aussi, afin d’établir le statut nutritionnel d’un patient cancéreux, convient-il de procéder à plusieurs outils d’évaluation. En premier lieu, l’évaluation des ingesta via une enquête diététique. Pour ce, il est possible d’user d’une échelle visuelle, analogique ou d’un score d’évaluation facile des ingesta, des fiches à en cocher les cases bref, ce qu’il faut pour une évaluation qui prenne en compte l’apport nutritionnel, le besoin nutritionnel et l’activité physique du patient.

Dénutrition et conditions physiques en baisse

Puis, dans le cas d’une dénutrition, il est recommandé de recourir à un diagnostic en s’appuyant sur des critères étiologiques et autres, physio-typiques. Ces derniers vont servir les examens cliniques en s’arrêtant sur les données relatives au poids, à la taille, à l’IMC, à la cinétique de la perte pondérale. Une perte pondérale est dite sévère si elle est supérieure ou égale à 10% du poids en un mois. Parmi les outils d’évaluation figure la mesure de la circonférence du mollet. Etant inférieure à trente et un centimètres, elle révèle une dénutrition.

Par ailleurs, des tests de conditions physiques sont effectués pour évaluer la force musculaire, notamment des tests cliniques en utilisant l’échelle Ecog mais aussi le handgrip test, la levée de chaise, le test «up and go» ainsi que des tests biologiques et des examens d’imagerie médicale.

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Auteur

Dorra BEN SALEM

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