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Sport

Point de vue : Entraîneurs « jetables » !

  • 26 janvier 21:15
  • 3 min de lecture
Point de vue : Entraîneurs « jetables » !

La Presse  Mohamed Mkacher n’aura pas tardé pour quitter le navire étoilé, lui qui a réussi la saison dernière une remontée spectaculaire au classement. Avant lui, Nefkha et Dridi ont été remerciés. Mounir Rached, qui a remplacé Mourad Okbi à la JSK (après le départ de Ghazi Ghraïri), s’en va également, Anis Boujelbene n’est plus l’entraîneur de l’ESZ. Et si on ajoute Skander Kasri à l’ASG, Hidoussi au CAB et d’autres noms, on vit alors dans un championnat d’entraîneurs « jetables » !

Une précarité comique et alarmante avec des clubs qui tournent à trois entraîneurs en une demi-saison. C’est quoi ce championnat ?! Pour un championnat qui se respecte, des chiffres pareils le discréditent tant. On peut se permettre de changer l’entraîneur quand ça ne va pas, mais quand on le fait tous les mois, là ça devient dangereux et aussi ridicule.

On sort du contexte classique qui veut que la succession des résultats négatifs pousse le dirigeant à sacrifier en premier lieu l’entraîneur. Quand on le répète trois et quatre fois par saison, il est évident que le mal est ailleurs. Trois ou quatre entraîneurs en quelques mois, cela veut dire que ce n’est pas l’entraîneur qui est le problème. Le problème alors, ce sont les dirigeants, ou du moins ceux qui en restent, qui ne savent pas gérer leurs affaires, et offrir le cadre idéal pour qu’un entraîneur puisse s’exprimer.

Cela veut dire aussi que ces dirigeants se sont trompés d’effectif et que les joueurs disponibles sont faibles et limités. Et même quand il y a une qualité acceptable, quand les impayés sont élevés, quand les joueurs sont démotivés, ce n’est pas l’entraîneur qui va pouvoir révolutionner tout cela. Cette cascade d’entraîneurs qui vont et viennent dénote bien de la fragilité de nos clubs, et de cette insistance générale qui domine. Souvent, ces dirigeants, qui ont peur du public et de ce qui s’écrit sur les réseaux sociaux, fuient leurs responsabilités.

Changer d’entraîneur est leur palliatif pour espérer améliorer les choses. A tel point qu’on ne peut plus retenir le nom d’un entraîneur de club sur notre championnat. Ce qui étonne, c’est que tout le monde sait que le potentiel des joueurs existants est faible, et que les problèmes sont complexes, mais on s’acharne sur l’entraîneur pour détourner l’attention. Et le résultat est connu d’avance.

Est-ce que tous ces entraîneurs remerciés et engagés pour être remerciés sont nuls ? Un peu de bon sens quand même. C’est la fuite collective en avant pour les dirigeants, otages de leurs supporteurs et incapables d’imposer les bons choix et de garantir un minimum de stabilité. Et pour pas mal de nos entraîneurs, ces licenciements à la pelle et cette précarité, ce n’est pas une mauvaise nouvelle.

Au contraire, c’est un moyen d’exercer même pour un ou deux mois, et d’attendre qu’un « collègue » vide son siège. Actuellement, c’est Maher Kanzari qui reste sur un siège éjectable, et les candidats à sa succession attendent impatiemment !

Auteur

Rafik EL HERGUEM

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